Avec des contenants de 13,5 pouces de hauteur plutôt que 13, Pascal Lecault estime économiser entre 0,10 $ et 0,15 $ de carton par boîte. Photo : Gracieuseté de Pascal Lecault
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S'abonner maintenantLa hausse substantielle du prix des intrants qu’ils doivent assumer en prévision de la saison 2022, notamment pour l’achat de contenants de carton et de plastique servant à emballer leurs produits, pousse des maraîchers à user de stratégies pour faire des économies.

« On fait une gestion serrée. Moi, j’ai coupé dans la hauteur de mes boîtes de laitues que j’ai commandées », explique Pascal Lecault, producteur à Oka dans les Laurentides. Plutôt que de réserver des contenants de 13,5 pouces de hauteur, comme il le fait habituellement, il en a pris à 13 pouces, ce qui lui a permis d’économiser entre 0,10 $ et 0,15 $ de carton par boîte. « Les prix ont augmenté de 25 %. Et on s’est fait dire que ça risque d’augmenter encore. C’est du jamais vu », soutient-il, découragé.
Un agriculteur de L’Assomption dans Lanaudière, Martin Hubert, raconte quant à lui avoir commandé ses contenants plus tôt qu’à l’habitude, pour barrer les prix à l’automne, anticipant que le coût continuerait d’augmenter les mois suivants. En contrepartie, il a fait le pari d’attendre pour réserver ses fertilisants. « Comme ça fluctue en fonction de la bourse, je me suis dit que ça allait peut-être redescendre. Mais j’ai peut-être fait un mauvais gambling finalement », admet-il, constatant que le prix des engrais a même augmenté. « La semaine dernière, mon fournisseur me faisait un prix à 1 100 $/tonne, alors qu’à l’automne, il me faisait la même formule à 1 000 $/tonne », illustre-t-il.
Une rareté qui perdure
Devant la difficulté à s’approvisionner en contenants, le producteur d’oignons verts Daniel Guinois, de Sainte-Clotilde en Montérégie, a accepté de réserver ses quantités auprès de son fournisseur sans obtenir de prix fixe pour sa commande. Il ne voulait pas prendre le risque de manquer de boîtes. « Normalement, on négocie les prix. Là, je n’ai même pas de prix final. Je sais juste que ça va me coûter entre et 20 et 25 % plus cher que l’an dernier », dit-il.
Simon Charbonneau, producteur de fraises à Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides, témoigne de son côté s’être pris beaucoup plus tôt qu’à l’habitude pour commander des contenants, mais soutient n’avoir aucune garantie qu’il les aura à temps pour la prochaine saison.
Questionnée sur le phénomène général de rareté du carton et du plastique, l’entreprise Cascades, important fournisseur de contenants destinés à la production maraîchère au Québec, a expliqué que la pandémie a généré une hausse fulgurante de la demande d’emballages destinés au commerce en ligne. Le vice-président aux communications, aux affaires publiques et au développement durable, Hugo D’Amours, ajoute à l’équation la fragilité de la chaîne d’approvisionnement résultant de la crise et de la pénurie de main-d’œuvre. « C’est certain que ça met une pression sur les producteurs, mais de notre côté, on promet d’honorer tous nos engagements auprès de nos clients », a-t-il indiqué, admettant que son entreprise peut difficilement accepter de nouveaux clients dans le contexte actuel. La Terre a tenté de joindre d’autres fournisseurs de contenants, qui n’ont pas donné suite à ses appels.