Économie 8 septembre 2025

L’état des cultures en Amérique du Nord

À la veille du battage pour la plupart des cultures, les marchés s’interrogent sur le rendement des grains en Amérique du Nord. Les rendements finaux seront connus seulement en décembre ou en janvier, mais on peut déjà en avoir une certaine idée. Voici un tour d’horizon des cultures.

Aux États-Unis

Les conditions météo ont été pratiquement parfaites. En date du 6 août, la proportion de terre anormalement sèche se situe à 10 % pour le Midwest et plus particulièrement à 1 % en Iowa, à 23 % en Illinois et à 54 % au Nebraska, ces trois États représentant 45 % de la production américaine de maïs et 36 % de celle de soya en 2024. Cette absence de sécheresse se reflète dans l’état des récoltes. En date du 4 août, la condition de bonne à excellente s’est située à 73 % pour le maïs et à 69 % pour le soya. La question n’est plus de savoir si le rendement du maïs sera record, mais de combien il le sera. Selon le rapport du département américain de l’agriculture (USDA) sur l’offre et la demande des grains, les rendements sont estimés à 181 boisseaux à l’acre (bu/a) pour le maïs et à 52,5 bu/a pour le soya, alors que les anciens records ont été établis à 179,3 bu/a pour le maïs en 2024 et à 51,9 bu/a pour le soya en 2016. Le cirque de la surenchère sur l’estimation du rendement du maïs a commencé avec StoneX prévoyant 188,1 bu/a. Or, l’exemple de l’année 2024 pourrait suggérer une hausse plus modérée du rendement. Celle-ci s’était bien déroulée, de sorte que le rendement estimé avait atteint 183,8 bu/a en octobre dernier. Or, l’USDA a apporté quelques corrections baissières les mois suivants, notamment en janvier 2025 avec un rendement final (toujours record) à 179,3 bu/a.

Au Canada

Dans l’Ouest canadien, les semis se sont terminés très rapidement en raison du temps sec. La météo s’est quelque peu améliorée avec du temps humide dans la partie sud de l’Alberta et de la Saskatchewan, tandis qu’il est resté sec dans la partie nord de la Saskatchewan et de l’Alberta ainsi qu’au Manitoba. Les céréales semblent être dans un état tout à fait acceptable. En date du 29 juillet en Alberta, la condition de bonne à excellente des cinq principales cultures que sont le blé de printemps, l’orge, l’avoine, le canola et les pois secs se situait à 63 %, en baisse de 1 % par rapport à la moyenne quinquennale. En date du 28 juillet en Saskatchewan, la condition de bonne à excellente des principales céréales fluctuait entre 64 % et 68 %, tandis qu’en date du 6 août au Manitoba, la condition de bonne à excellente du blé de printemps variait entre 80 % et 85 %. Statistique Canada a publié le 28 août ses premières estimations des rendements des cultures au Canada, et celles-ci seront mises à jour le 17 septembre.

Au Québec

Les semis catastrophiques au Québec ont entraîné de sérieux retards dans le développement des cultures. En date du 1er août, selon la Tournée des Grandes Cultures du Québec, la sortie de la croix du maïs accusait un retard de 29 % par rapport à la moyenne quinquennale pour se situer à 69 %, de même que le remplissage de la gousse accumulait un retard de 37 % comparativement à la moyenne des cinq dernières années, pour se situer à 4 %. Les producteurs, tout comme les acheteurs, sont très inquiets du rendement du maïs au Québec. Cette incertitude de la production combinée à une baisse des prix se reflète dans la commercialisation : peu de contrats pour la nouvelle récolte ont été signés. Or, le contrat à terme risque de chuter davantage avec l’arrivée tardive de l’excellente récolte brésilienne sur le marché international et la production record prévue aux États-Unis. Certes, une faible production québécoise pourrait soutenir les bases, mais ces dernières ne pourraient pas à elles seules maintenir le prix élevé. Il est alors très probable que les producteurs québécois se retrouvent à l’automne prochain avec un rendement et des prix médiocres.