Pour les six premiers mois de l’année, les exportations de sirop d’érable affichent en effet une hausse de volume avoisinant les 20 %, comparativement à la même période l’an dernier. Photos : Gracieuseté du Conseil de l’industrie de l’érable
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S'abonner maintenant« Ce qui se produit depuis janvier, c’est majeur et ça dépasse nos attentes! Nous nous étions fixés comme objectif d’augmenter nos exportations de 5 % et nous avons finalement atteint 20 %, dit le président du Conseil de l’industrie de l’érable (CIE), Louis Turenne. Tout cela suit d’ailleurs une très bonne année 2024. Nous poursuivons dans une tendance haussière qui est impressionnante! »
Pour les six premiers mois de l’année, les exportations de sirop d’érable affichent en effet une hausse de volume avoisinant les 20 %, comparativement à la même période l’an dernier. Celles-ci s’élèvent à 415 M$, soit plus de 90 millions de livres expédiées dans quelque 70 pays. En 2024, à pareille date, la croissance était de 9 %. Ce bilan surpasse les 5 % visés par le CIE.
Cette augmentation s’explique principalement par trois facteurs, à commencer par le travail exceptionnel de nos entreprises membres, qui multiplient les efforts pour développer les marchés et faire rayonner l’érable sous toutes ses formes. Ce sont des gens qui font des salons internationaux et qui sont constamment en lien avec des clients partout dans le monde.
Ensuite, les incertitudes associées aux frais de douane avec les États-Unis ont entraîné un certain effet de stockage de produits de l’érable. Les entreprises ont acheminé massivement des inventaires vers le marché américain avant la date fatidique du 2 avril, appelée le « jour de la libération » par le président Donald Trump. Comme l’échéance a changé à quelques reprises, il y a eu plusieurs vagues d’exportation.
« Troisièmement, dans un contexte de crainte ou de ralentissement économique, on voit, chiffres à l’appui, que les consommateurs réduisent leurs dépenses en dehors de la maison tels que les repas au restaurant et les voyages, rapporte M. Turenne. Pour l’industrie de l’érable, c’est bon parce que les gens, en contrepartie, vont cuisiner, se gâter, acheter des ingrédients peut-être un petit peu plus cher. »

Maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande
Si une tendance générale à la hausse semble se confirmer, cette croissance qui dépasse les attentes soulève également des enjeux. La production doit suivre et actuellement, l’augmentation du nombre d’entailles se situe autour de 3 à 4 % par année, un rythme inférieur à la progression de la demande. La réserve stratégique demeure relativement basse, évoquant toute l’importance de soutenir un équilibre.
« C’est un élément auquel il faut s’attaquer pour ne pas laisser des tablettes vides et perdre des parts de marché difficilement acquises, émet le dirigeant. Par rapport aux autres régions productrices – États-Unis, Ontario et Nouveau-Brunswick –, la part du Québec s’établit à peu près à 70 %, mais je crois que la province continue de gagner du terrain, car il y a davantage d’installations qui se font ici qu’ailleurs. »
Rappelons que les États-Unis constituent le premier marché d’exportation (65 %), suivis par l’Europe (20 %), où l’on observe une forte augmentation, puis l’Asie et l’Australie. De nouveaux débouchés apparaissent en outre au Moyen-Orient, où l’érable séduit de plus en plus les consommateurs. En combinant tous les autres marchés de la planète, les pays émergents, on obtient un 15 % supplémentaire.
Poursuivre le développement des marchés

« Nous devons accélérer la diversification, car nous sommes très dépendants du marché américain, lance Louis Turenne. Il nous faut poursuivre le développement des autres marchés d’exportation, sans toutefois ralentir les ventes aux États-Unis. Nous encourageons nos membres ainsi que nos partenaires à continuer d’investir afin d’accroître le taux de pénétration et d’utilisation dans les marchés existants. »
Pour le CIE, puisqu’il s’agit du plus gros marché d’exportation, la menace tarifaire étasunienne reste une préoccupation de premier plan. Fort heureusement, le sirop d’érable, intégré à l’Accord Canada, États-Unis, Mexique (ACEUM), n’est pas affecté pour le moment. Il continue de pouvoir entrer chez nos voisins du Sud sans tarif. « Nous espérons bien évidemment que ça puisse se maintenir! », commente le président.
Chez nous, le CIE tient à signaler la tenue, le dimanche 19 octobre, de la Journée nationale de l’érable qu’il coordonne de concert avec les PPAQ et les Aliments du Québec. Collectivement, ces organisations souhaitent que cette journée devienne un rendez-vous incontournable pour la mise en valeur de ce produit emblématique et pour que le public puisse mieux saisir son importance économique et culturelle.