Daniel St-Jean avait décidé de construire un troisième bâtiment afin de mieux positionner son entreprise d’élevage de veaux de grains. Devenu non rentable en raison du coût des matériaux, le projet est abandonné. Photo : Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-BARNABÉ-SUD – La hausse record du prix des matériaux est le sujet de l’heure. Le coût de certaines pièces de bois de construction a augmenté de 125 % depuis cinq mois, alors que la tôle d’acier est 65 % plus cher chez certains fournisseurs. Cette situation donne des maux de cœur à ceux et celles qui désirent agrandir leur entreprise.

À Bonaventure, en Gaspésie, Maxime Plante et sa conjointe réalisent leur rêve de démarrer une ferme laitière non apparentée. Après avoir monté leur plan d’affaires pendant deux ans, obtenu le financement et le prêt de quotas, ils se retrouvent soudainement à faire face à des coûts beaucoup plus élevés que prévu pour transformer la ferme qu’ils viennent d’acquérir. « Ce qui au départ devait nous coûter 650 000 $ est rendu à 1 M$. Juste dans l’espace des quatre derniers mois, c’est 100 000 $ de plus. Ça vient de manger la marge qu’on avait. Je suis dans les soumissions pour trouver de meilleurs prix et c’est très, très stressant », confie-t-il. La rentabilité de sa ferme qui sera en pleine production en décembre devient très borderline, s’inquiète le producteur.

Certains reculent, d’autres non
L’ingénieure Suzelle Barrington, de la firme Consumaj, affirme qu’en règle générale, les clients qui s’étaient déjà engagés dans leur projet de construction le mèneront à terme, malgré la hausse de prix. Certains optent cependant pour des structures de métal ou des dômes en toile afin de diminuer leurs achats de bois.
Près de Saint-Hyacinthe, l’entrepreneur Bruno Bazinet se spécialise dans la construction de bâtiments agricoles. Il affirme avoir de l’ouvrage un an à l’avance pour ses 25 hommes. Il note toutefois que des clients, surtout de jeunes agriculteurs, décident actuellement de retarder leur projet de construction. « Nos tarifs horaires n’ont pratiquement pas augmenté, mais le prix des matériaux a tellement monté. Un poulailler de 60 par 410 pieds, à un étage, coûtait 619 000 $ il y a deux ans. Maintenant, pour le même c’est 950 000 $ », donne-t-il en exemple.
M. Bazinet remarque que les fermes établies vont quand même de l’avant, notamment les producteurs de volailles qui viennent d’acheter du quota.
Chez Consultants Lemay & Choinière, l’ingénieur Yves Choinière vient d’apprendre que quelques producteurs reportent des projets importants sur lesquels son équipe a travaillé, et d’autres pourraient prendre la même décision. « J’ai beaucoup de clients qui sont en soumission. Avec les coûts de construction actuels, il y a des projets qui pourraient ne plus passer au crédit », appréhende-t-il.
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