Économie 25 février 2022

La culture de soya et de maïs s’est avérée payante en 2021

Le conseiller en gestion Martin Hébert, notamment spécialisé en grandes cultures, a partagé de bonnes nouvelles le 15 février lors d’un dîner- conférence virtuel sur la commercialisation des grains : la culture de soya et de maïs s’est avérée très, très payante en 2021 et devrait l’être encore cette année.

Martin Hébert
Martin Hébert

En calculant le bilan de la quarantaine de fermes de grandes cultures qu’il conseille, il note une marge sur coût variable fort intéressante de 1 950 $ l’hectare pour ses fermes situées en Montérégie en 2021, ce qui est nettement plus élevé que leur marge moyenne de 1 325 $/ha des 10 années précédentes. Dans le maïs, les marges sur coût variable ont même dépassé les 2 300 $/ha, éclipsant le mythique sommet de 2012 lors duquel elles avoisinaient les 1 600 $/ha. « En 2012, c’était notre record. On espérait revoir ça un jour et c’est 2021 qui va taper notre record! Les rendements ont été bons et le prix des grains a connu des hausses de 10 à 25 %, sans une grande fluctuation des intrants, sauf le propane, qui a monté. Et avec les faibles taux d’intérêt, il en résulte une amélioration très intéressante des liquidités des entreprises. C’est vraiment une année remarquable », indique le conseiller. Il observe des soldes résiduels atteignant les 30 % en moyenne. En d’autres mots, pour chaque tonne de grain vendu, près de 30 % du montant est resté dans les poches des producteurs…

Martin Hébert n’a pas voulu révéler de montants, mais le solde résiduel est encore plus élevé chez les producteurs de son groupe de tête. Certains ont réussi à vendre leur maïs avec un prix moyen de 360 $ la tonne. Bref, des producteurs de grains ont fait des profits d’or en 2021. Ces résultats hors de l’ordinaire ont fait réagir un producteur laitier qui assistait virtuellement au dîner-conférence. Ce dernier a écrit dans le fil de conversation de la rencontre : « On vend les vaches pour faire du maïs! »

Écart type important

Le conseiller du Groupe ProConseil fait cependant remarquer que l’écart type est important, c’est-à-dire que des producteurs ont fait beaucoup d’argent et d’autres moins. Cet écart s’explique par une stratégie de commercialisation qui a permis à certains de frapper des coups de circuit en vendant leur grain au plus haut prix.

Finalement, M. Hébert apporte un bémol à ses résultats, dressant l’hypothèse que les producteurs qu’il conseille sont plus intéressés que d’autres par la gestion, ce qui peut hausser leurs résultats et les rendre moins représentatifs de la moyenne québécoise. Mais tout de même, il assure que les conditions de récolte et les prix en 2021 dans le secteur des grains ont été très avantageux.


Quelle culture sera payante en 2022?

Pour 2022, le conseiller en gestion Martin Hébert est optimiste quant à la profitabilité des fermes de grandes cultures, de la Montérégie du moins. Même si le prix des intrants a augmenté, il anticipe des marges positives dans le soya et le maïs. Avec l’hypothèse d’un rendement moyen de 10,5 t/ha de maïs et un prix de vente moyen de 310 $, les producteurs pourraient dégager une marge sur coût variable (c’est-à-dire sans les frais fixes ni les salaires, etc.) de 1 772 $/ha, ce qui pourrait se traduire par une marge nette très intéressante de 472 $/ha. Dans le soya, avec un rendement hypothétique de 3,4 t/ha et un prix de 600 $ ha, la marge sur coût variable serait de 1 503 $/ha et la marge nette, de 303 $/ha. « C’est le maïs qui peut rapporter le plus, mais si tu regardes les dernières années, les rendements du soya sont plus stables que ceux du maïs. Les deux sont donc de très bons partenaires économiques », souligne M. Hébert. N’oublions pas que les producteurs peuvent profiter des prix élevés actuellement pour vendre d’avance une portion de leur récolte.

Pour le blé, le conseiller évalue qu’il s’agit d’une culture plus à risque économiquement. Pour un rendement hypothétique de 4 t/ha et un prix de 400 $/ha, la marge sur coût variable serait de 1 015 $/ha et la marge nette, de -185 $/ha. Toutefois, avec des prix rarement si élevés dans le blé, le risque économique d’en cultiver diminue. Martin Hébert ajoute que lorsqu’un engrais vert est réalisé dans les règles de l’art après le blé et qu’il permet de produire 80 unités d’azote, le blé et son engrais vert pourraient être aussi rentables que le soya, tout en apportant des bienfaits agronomiques.