Actualités 29 mai 2018

Dépistage de pucerons et d’aleurodes dans les fraisières du Québec

En 2012, les fraisières en rang nattés du Québec et de l’est du Canada étaient aux prises avec des symptômes de dépérissement préoccupants. Les virus transmis par des insectes vecteurs ayant été ciblés comme l’une des causes principales du dépérissement, un projet de recherche dirigé par une équipe de l’Université Laval a été réalisé de 2014 à 2016.

Le principal objectif était de détecter la présence des pucerons et aleurodes dans les fraisières du Québec et de connaître leur dynamique saisonnière. Financés par le programme Innov’Action du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), les travaux de recherche ont permis de suivre les populations d’insectes vecteurs de virus pendant deux ans dans 17 fraisières réparties dans 13 régions productrices de la province.

Cinq virus responsables

Cinq virus sont en partie responsables du phénomène de dépérissement des fraisières au Québec : le virus de la marbrure du fraisier, le virus de la jaunisse du fraisier, le virus des nervures lisérées du fraisier, le virus de la frisolée du fraisier et la pallidose du fraisier.

Le principal insecte vecteur connu pour les quatre premiers virus est le puceron du fraisier, alors que la pallidose du fraisier est transmise par l’aleurode des serres.

55 espèces de pucerons

Les pucerons sont parmi les plus importants ravageurs de cultures au monde, à cause de leur capacité à transmettre des virus. L’inventaire effectué à l’aide de pièges-bols jaunes démontre la présence de 55 espèces de pucerons dans les fraises cultivées au Québec.
Fait étonnant, le puceron du fraisier, qui est inféodé à cette plante, n’est pas le plus abondant. Le puceron du chénopode, le puceron du pois, le puceron du soya, le puceron vert du pêcher, le puceron du navet et le puceron de la luzerne ont été identifiés par ordre d’abondance.

Pour ce qui est des aleurodes, deux espèces ont été répertoriées dans les fraisières, soit l’aleurode des serres et l’aleurode de l’iris. Cependant, l’aleurode des serres représente environ 96 % des individus capturés.

Périodes de vol

L’équipe de recherche a également déterminé les périodes de vol des deux principaux insectes vecteurs à l’échelle provinciale. Les résultats indiquent que le puceron du fraisier, sous la forme ailée, est principalement présent dans les champs du début juillet jusqu’au début septembre. Quant à l’aleurode des serres, il est présent sur une plus grande période, soit du début juin jusqu’à la fin octobre.

Comme le contrôle de la propagation des virus passe inéluctablement par celui des insectes vecteurs, ce projet de recherche a contribué à établir une stratégie de lutte aux vecteurs de virus, notamment par la connaissance du suivi des populations des pucerons et des aleurodes présents dans les fraisières du Québec. 

Portrait de la production au Québec

Avec plus de 500 exploitations agricoles cultivant les fraises, le Québec est le plus grand producteur de ces fruits au Canada. La culture des fraises dans la Belle Province représente aujourd’hui 57 % de la production canadienne et 45 M$ en revenus. La régie de culture majoritairement adoptée est le système conventionnel en rangs nattés, qui permet une production soutenue de fraises de deux à trois ans. Le cultivar ‘Jewel’ est de loin le plus utilisé par les producteurs québécois.

Phanie Bonneau, M. Sc., Étudiante au doctorat en biologie végétale
Valérie Fournier, Ph. D., Professeure au Département de phytologie