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Mathieu Roy et Catherine Baltazar ont lancé leur projet agricole à Brébeuf, dans les Laurentides, en 2016. Gracieuseté de Mathieu Roy.

Mathieu Roy et Catherine Baltazar ont lancé leur projet agricole à Brébeuf, dans les Laurentides, en 2016. Gracieuseté de Mathieu Roy.

Quitter la ville pour devenir agriculteur

Ces dernières années, de plus en plus de jeunes adultes décident de quitter le confort de la ville pour sauter à pieds joints dans un projet agricole.

Rien ne prédisposait Marilyn Ouellet à devenir agricultrice. Elle a laissé le milieu de la politique pour acheter, avec son conjoint, la ferme qui leur fournissait des paniers de légumes biologiques, alors qu’ils habitaient encore à Montréal, il y a trois ans.

« L’entreprise était déjà clé en main, et ça a été vraiment inestimable sur le plan de l’intégration, car elle avait déjà ses clients et les installations requises, fait savoir celle qui gère la Ferme du Coq à l’âne de Bury, en Estrie. On a eu un mentorat de l’ancien propriétaire pendant un an, alors on n’est pas partis de zéro. »

Laurence Harnois a entre autres étudié en chimie de l’environnement à l’université avant de retourner au cégep en agriculture biologique, il y a quelques années. Gracieuseté d'Olivier Asselin

Laurence Harnois a entre autres étudié en chimie de l’environnement à l’université avant de retourner au cégep en agriculture biologique, il y a quelques années. Gracieuseté d’Olivier Asselin

La trentenaire adore toujours autant Montréal et joint l’utile à l’agréable lorsqu’elle va y faire ses livraisons de paniers.

Depuis les années 2000, on remarque partout dans la province une diminution de la proportion de transferts familiaux au profit du démarrage d’entreprises, selon le dernier recensement de la relève agricole du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), publié en 2011. 

Au Cégep de Victoriaville, on observe une « arrivée massive » d’étudiants de la ville, principalement de Montréal. Le coordonnateur du programme d’agriculture, Pierre-Antoine Gilbert, constate ce changement depuis cinq ans et l’associe avec l’intérêt de la population pour l’alimentation biologique.  « Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’un retour aux études, et la moyenne d’âge est d’environ 25 ans », observe-t-il. 

Apprendre l’entrepreneuriat

Laurence Harnois, qui a grandi à Montréal, a obtenu un diplôme d’études collégiales (DEC) en agriculture biologique après avoir étudié plusieurs années dans d’autres domaines à l’université, notamment en chimie de l’environnement.

Marilyn Ouellet est devenue propriétaire avec son conjoint de la ferme qui leur fournissait des paniers de légumes biologiques alors qu’ils habitaient encore à Montréal. Gracieuseté de Marilyn Ouellet.

Marilyn Ouellet est devenue propriétaire avec son conjoint de la ferme qui leur fournissait des paniers de légumes biologiques alors qu’ils habitaient encore à Montréal. Gracieuseté de Marilyn Ouellet.

« Apprendre à être entrepreneur, je crois que c’est le défi parce que la mise en marché, c’est une part importante du métier », indique celle qui travaille à la Ferme Les Carottés, à Dunham, avec des associés.

Mathieu Roy dirige La récolte de la Rouge, à Brébeuf, avec sa conjointe. Le trentenaire, qui a trois DEC, dont deux en agriculture, n’a pas hésité à prendre un bail de 30 ans sur une terre en 2016. Il était attiré depuis longtemps par le milieu agricole.

« Tous les gens du coin nous ont reçus à bras ouverts, et il y a beaucoup de solidarité. Les Hautes-Laurentides, c’est une région où il y a des agriculteurs plus vieux, et certains n’ont pas de relève. »

Choisir la vie que l’on veut

« De nos jours, on a la possibilité de choisir le mode de vie que l’on veut, et ça fait partie des motivations », indique Anne-Marie Beaudoin, chargée du projet L’Arterre, un service d’accompagnement et de jumelage entre aspirants agriculteurs et propriétaires, au Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). 

À cela s’ajoutent depuis les années 2000 des cas de succès dans les transferts non apparentés. « Maintenant, sur le plan financier, les cédants sont moins frileux avec les projets de transfert hors du contexte familial », observe Mme Beaudoin. 

Caroline Lévesque, collaboration spéciale