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Ces plants d’une même population de petites herbes à poux ont reçu le même traitement au glyphosate. On peut distinguer les individus sensibles et ceux qui sont résistants à l’herbicide. Photo : Annie Brégard/Université Laval

Ces plants d’une même population de petites herbes à poux ont reçu le même traitement au glyphosate. On peut distinguer les individus sensibles et ceux qui sont résistants à l’herbicide. Photo : Annie Brégard/Université Laval

Premiers cas de résistance au glyphosate chez la petite herbe à poux

Plusieurs cas de résistance au glyphosate chez la petite herbe à poux viennent d’être confirmés au Québec.

Marie-Édith Cuerrier

Marie-Édith Cuerrier

Dans son bulletin d’information du 8 juin dernier, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) rapporte neuf cas confirmés de résistance chez les populations de petites herbes à poux en Montérégie (4 cas), dans le Centre-du-Québec (4 cas)  et dans Lanaudière (1 cas).  Le document précise que les champs où ces populations ont été identifiées et prélevées étaient ensemencés de maïs-grain et de soya et couvrent une superficie totale de 107 hectares.

« Dans ce cas-ci, la principale raison de l’apparition de la résistance est l’utilisation répétée pendant plusieurs années du glyphosate. Le manque de diversité dans les rotations est aussi en cause, explique en entrevue Marie-Édith Cuerrier, agronome et auteure du document. Il fallait s’y attendre, car la résistance au glyphosate est présente chez la petite herbe à poux depuis 2012 en Ontario et leurs pratiques culturales ne sont pas tellement différentes des nôtres. »

Pour éviter ce phénomène, l’agronome recommande de mettre en place les principes de la gestion intégrée qui inclut différentes méthodes de lutte comme la lutte chimique, mécanique et culturale.  « Si on doit quand même utiliser du glyphosate, il faut compléter le traitement avec au moins un herbicide qui appartient à un autre groupe d’action efficace contre la petite herbe à poux et s’assurer que les populations ne présentent pas de résistances à d’autres groupes d’herbicides », précise-t-elle. En cas de doute, il est suggéré d’envoyer un échantillon au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection.

Parmi les autres méthodes pouvant contrer la résistance aux herbicides, Marie-Édith Cuerrier souligne l’importance de diversifier ses cultures à l’intérieur de la rotation et l’introduction de céréales d’automne.