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Les graines de chanvre passent directement du champ à l’assiette du consommateur, sans transformation, d’où les exigences sanitaires de plus en plus élevées des clients. Photo : Ferme Tournevent

Les graines de chanvre passent directement du champ à l’assiette du consommateur, sans transformation, d’où les exigences sanitaires de plus en plus élevées des clients. Photo : Ferme Tournevent

Les graines de chanvre bio moins payantes

Alors que le prix des graines de chanvre biologique atteignait les 4 000 $ la tonne en 2017, il a baissé à 3 000 $/t cette année.

« Le prix est plus faible, mais l’autre problématique, c’est les exigences sanitaires qui augmentent de la part de nos acheteurs. Tout ça a ralenti les ardeurs des producteurs à cultiver du chanvre », résume l’agriculteur Jacques Dallaire, qui possède un centre de grains près d’Alma, au Lac-Saint-Jean.

S’améliorer ou abandonner

La récolte de chanvre était en cours dans les champs de M. Dallaire au moment de l’entrevue du 27 septembre. Il a démarré une compagnie qui se spécialise dans la culture de chanvre biologique. Il développe présentement, de concert avec quelques acteurs du milieu, une technologie qui permettrait d’assainir les récoltes.

Précisons que les graines de chanvre se mangent crues, dans les salades ou comme céréales au déjeuner. Celles récoltées par l’agriculteur doivent donc être exemptes de bactéries, de moisissures, etc. De 10 à 20 % des lots sont ainsi refusés chaque année. « On a plus de difficulté à satisfaire les critères sanitaires. Les producteurs qui ne prennent pas les bonnes habitudes frappent un mur. Si on n’est pas capables de répondre aux critères, aussi bien se sortir de la production. Mais il faut plutôt être actif et prendre les moyens pour sécuriser notre marché. On y croit. Il y a une réelle opportunité », assure M. Dallaire.

La qualité paye 

Chez Aliments Trigone, l’un des principaux acheteurs québécois de graines de chanvre, la responsable des approvisionnements Katy Lamonde atteste que les exigences de qualité s’accroissent. « Nos clients sont rendus très stricts au niveau des comptes bactériens. Aujourd’hui, tout doit être aseptisé, plus propre que propre », explique Mme Lamonde. Des lots peuvent être déclassés aussi pour des raisons de goût ou d’apparence visuelle des graines.

L’arrivée de graines de chanvre moins chères provenant de Chine a fait diminuer la demande de celles cultivées par des producteurs québécois. Mme Lamonde indique cependant que cette situation tend maintenant à s’inverser. « Tranquillement, nos clients reviennent vers nous pour la qualité de notre chanvre québécois. À long terme, faire de la qualité, c’est toujours plus gagnant », insiste-t-elle.