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Chambre de captage de gaz à effet de serre sur une parcelle expérimentale à la suite de l’incorporation d’un engrais vert en dérobée dans une ferme biologique de la région du Centre-du-Québec, à l’automne 2020. Photo : Joannie D’Amours

Chambre de captage de gaz à effet de serre sur une parcelle expérimentale à la suite de l’incorporation d’un engrais vert en dérobée dans une ferme biologique de la région du Centre-du-Québec, à l’automne 2020. Photo : Joannie D’Amours

Instaurer des pratiques de gestion bénéfique sans y laisser sa chemise

Face au consensus mondial au sujet des risques environnementaux liés aux changements climatiques, le Canada s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 45 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 et à mettre le cap vers la carboneutralité d’ici 2050 (zéro émission nette).

Les producteurs agricoles sont des acteurs clés pour atteindre les cibles de réduction de GES. Fournir un soutien aux producteurs dans ces démarches est primordial. De l’aide financière est disponible pour mettre en place des pratiques de gestion bénéfique favorisant la résilience des fermes face aux changements climatiques, notamment au moyen de différents programmes provinciaux et fédéraux, dont les mesures de rétribution du Plan d’agriculture durable (PAD), Prime-Vert ou Agrisolutions climat. Leur finalité est la même : promouvoir la durabilité environnementale et la résilience économique du secteur agricole.

De nombreux producteurs travaillent déjà à mettre en œuvre des solutions et se préparent à affronter les changements climatiques. Ils contribuent à réduire les émissions de GES en utilisant différentes stratégies pour diminuer les excès en azote disponible dans le sol, soit de l’azote non utilisé par les cultures. 

Les cultures de couverture implantées sans travail de sol automnal permettent, par exemple, de diminuer les pertes en azote, et ainsi, les émissions de GES.

Une culture de couverture, par définition, est une culture qui n’est pas récoltée, généralement semée entre deux cultures principales. Elle sert à protéger les sols contre l’érosion et à réduire la pression des mauvaises herbes de même que les pertes en éléments nutritifs du sol. Une culture de couverture peut aussi fournir de l’azote à la culture suivante à la suite de la décomposition des résidus végétaux.

L’azote sous surveillance

Pour réduire les GES de façon efficace, il est essentiel de tenir compte de l’apport en azote de la culture de couverture afin d’éviter les excès en azote dans le sol au printemps. Par des analyses de biomasse végétale, il est possible d’estimer l’apport en azote d’une culture de couverture et de réduire la quantité d’azote appliquée pour la culture suivante.

Ainsi, dans un sol bien drainé, certains systèmes culturaux avec des cultures de couverture pourraient contribuer à l’atténuation des émissions de protoxyde d’azote (N2O). Le N2O est un GES avec un potentiel de réchauffement planétaire environ 300 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (CO2). Le N2O est également la substance la plus importante impliquée dans la détérioration de la couche d’ozone. Puisqu’environ 40 % des émissions de GES du secteur agricole sont émises sous forme de N2O, l’impact potentiel d’une meilleure gestion de l’azote est donc réel.

Utiliser l’azote de façon plus efficiente permet non seulement de minimiser les risques environnementaux, mais également de réduire les coûts de production et d’augmenter la résilience de la ferme.

Accompagner les producteurs

Le projet d’Agrisolutions climat soutient les producteurs dans la réduction des GES par le réseau Sentinelle azote dans le maïs-grain, l’implantation de cultures de couverture et une démarche diagnostique. Pour chacun des trois volets du projet, les producteurs sont accompagnés par un conseiller.

En mi-parcours de la 1re année du déploiement du projet, environ 20 000 hectares de superficie en cultures de couverture implantées par les producteurs étaient acceptés pour financement. Les inscriptions sont toujours en cours pour atteindre l’objectif de 68 000 hectares en 2022. Le réseau Sentinelle azote dans le maïs-grain compte en ce moment près d’une centaine de producteurs et souhaite encore élargir sa portée en 2023. De plus, une centaine de fermes pourraient participer à la démarche diagnostique du 3e volet qui sera dévoilé en septembre. Les résultats des cinq années du réseau Sentinelle azote et de la première année du volet sur les cultures de couverture seront dévoilés au cours de l’hiver prochain.


Les producteurs sont invités à participer à l’un des trois volets du projet d’Agrisolutions climat. Pour vous inscrire :

  • Manifestez votre intérêt pour le projet auprès de votre conseiller ou de l’équipe d’Agrisolutions climat ([email protected]; [email protected]);
  • Suivez nos publications pour connaître les dates d’inscription :
  • Inscrivez-vous au 2e volet d’ici le 15 septembre;
  • Dès la mi-septembre, restez à l’affût de l’ouverture des inscriptions au 3e volet. 

Joannie D’Amours, M. Sc., agente de projet, Producteurs de grains du Québec


Cet article a été publié dans la revue GRAINS de septembre 2022.