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Le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, a réitéré en conférence de presse l’importance des travailleurs étrangers temporaires en production maraîchère pour assurer la disponibilité des fruits et des légumes dans les épiceries au cours de la saison estivale. Crédit photo : Caroline Morneau/TCN

Le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, a réitéré en conférence de presse l’importance des travailleurs étrangers temporaires en production maraîchère pour assurer la disponibilité des fruits et des légumes dans les épiceries au cours de la saison estivale. Crédit photo : Caroline Morneau/TCN

Un protocole sanitaire strict proposé pour la venue des TET

L’Union des producteurs agricoles (UPA) propose au gouvernement fédéral un protocole sanitaire strict à mettre en place pour s’assurer que la santé publique ne soit pas compromise advenant qu’on accorde le droit aux travailleurs étrangers temporaires (TET) d’entrer au pays, malgré la fermeture des frontières annoncée en début de semaine.

« En raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole, la présence au Québec des quelque 16 000 travailleurs étrangers temporaires (TET) en provenance du Mexique, du Guatemala et d’autres pays est essentielle à la filière agroalimentaire québécoise », a déclaré le président de l’UPA, Marcel Groleau, en conférence de presse le 18 mars.

La Terre révélait déjà le 16 mars que l’UPA était en négociation avec Ottawa pour que les TET obtiennent une permission spéciale d’entrer au Canada, invoquant que ceux-ci sont des travailleurs essentiels à la santé et à la bonne alimentation de la population. L’organisation syndicale propose maintenant une série de mesures sanitaires au gouvernement Trudeau qu’elle s’engage à faire respecter par ses producteurs :

  • Vols exclusivement réservés aux TET agricoles à destination de l’aéroport Montréal-Trudeau;
  • Dépistage de la COVID-19 par une ressource médicale avant l’entrée dans l’avion en partance de l’étranger;
  • Prise en charge des TET par les producteurs dès leur arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau (ceux-ci devront être informés rapidement des consignes de sécurité à suivre);
  • Transport des travailleurs directement à la ferme;
  • Quarantaine active durant les 14 jours suivant leur arrivée, soit à la ferme ou à l’hôtel;
  • Regroupement des TET par date d’arrivée (ceux-ci ne pourront entrer en contact avec aucune personne ne faisant pas partie de leur groupe);
  • Tenue d’un registre de chaque groupe en quarantaine par l’employeur (prise de la température des travailleurs deux fois par jour et surveillance quotidienne de l’apparition de symptômes grippaux);
  • Absence de déplacement des TET hors de la ferme ou des lieux de production avant la fin de la quarantaine et déplacements limités au maximum pendant le reste de la saison;
  • Déclaration à la santé publique par les employeurs de chaque cas problématique;
  • Établissement d’un protocole de communication avec les autorités locales et municipales pour rassurer la population.

Faisabilité du protocole

Questionné par La Terre à savoir si le respect de ce protocole de la part des agriculteurs était réaliste, le président de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Sylvain Terrault, affirme que tout le monde est bien conscientisé des enjeux sanitaires et du contexte actuel. « Quand on accueille nos travailleurs, on sait exactement où ils seront logés. L’espace est déjà prévu. Et on a besoin d’eux; je suis certain que les producteurs sont prêts à faire ce qu’il faut pour que ça fonctionne dans les circonstances. »   

Dans son point de presse du 18 mars, François Legault a indiqué que le problème dans le dossier des TET est pour l’instant la fermeture des frontières des pays d’où provient la main-d’œuvre, comme le Guatemala. Selon le premier ministre du Québec, toutefois, si une compagnie nolisait un vol, Justin Trudeau laisserait atterrir l’avion au Canada.