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S'abonner maintenantLe frère de Bertin Leblanc fait l’acquisition d’un dépanneur en 1992. Dans le garage de la voisine trône un ancien moteur stationnaire. Curieux, Bertin Leblanc se rend l’examiner.
Pour le fils d’agriculteur devenu mécanicien, c’est le coup de foudre. Il commence alors à se procurer des engins stationnaires antiques et les remet en marche. Sa collection a évolué au fil des 20 dernières années. « À une certaine époque, j’en avais plein le garage », se souvient-il. Aujourd’hui, il n’en garde que cinq, tous fonctionnels.
Il a conservé son premier coup de coeur, le moteur trouvé dans le garage de la voisine. C’est un engin de deux forces de marque Empire.
Son modèle préféré? Un moteur « très rare » de marque Julien, fabriqué en 1918 à Pont-Rouge près de Québec, explique le passionné. M. Leblanc aime bien le présenter dans les expositions de machines antiques. Il s’y rend quelques fois par année avec sa femme pour rencontrer les autres collectionneurs.
Sa conjointe, qui collectionne aussi des antiquités, s’occupe pour sa part de repeindre ses moteurs stationnaires. Les deux ramasseux de vieilles affaires ne sont pas près de prendre leur retraite. « Malheureusement, on n’a pas de relève », mentionne Bertin Leblanc. Les autres collectionneurs ont le même problème. « On est une gang de têtes blanches qui capotent sur les engins stationnaires, mais les jeunes ne s’intéressent pas à ça. »
En attendant, il continue de parcourir le Québec pour exposer sa collection et faire la promotion du patrimoine agricole.
La petite histoire
Les engins stationnaires ont été inventés aumilieu des années 1800. « Là où le tracteur a remplacé les chevaux, le moteur stationnaire a remplacé la force manuelle », soutient le vice-président de l’Association provinciale du patrimoine agricole du Québec et collectionneur, Gilles Marcil.
Avant l’électrification des zones rurales, ces moteurs étaient utilisés pour actionner différents équipements, comme les pompes à eau, les moulins à battre le grain ou les bancs de scie.
« Ce n’était pas tout le monde qui avait un moteur stationnaire. Il y en avait un dans le rang et les producteurs se le prêtaient. C’était l’esprit de communauté », raconte Bertin Leblanc. Si les engins stationnaires sont devenus obsolètes lorsque les fermes québécoises ont été électrifiées dans les années 1940 et 1950, ils sont aujourd’hui convoités par de nombreux collectionneurs.