Le transformateur Monark Éco Fibre affirme avoir été incapable d’utiliser ces deux ballots d’asclépiade provenant de la première récolte mécanique. Crédit photo : Chafic Zakaria
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S'abonner maintenantDéçu de la qualité et de la quantité de fibres d’asclépiade reçues en 2017 en provenance de la Coopérative Monark, le transformateur Monark Éco Fibre a décidé de prendre son approvisionnement en main en recrutant directement les producteurs et en développant sa propre technologie de récolte. Une décision qui déçoit la coopérative de producteurs.
Le président de Monark Éco Fibre, Chafic Zakaria, a mentionné à La Terre avoir déjà rassemblé assez de producteurs en deux semaines pour être assuré d’obtenir un approvisionnement d’environ 50 tonnes de fibres pour la récolte 2018.
Cette stratégie n’a rien pour plaire à la Coopérative Monark, puisque plusieurs producteurs recrutés par le transformateur sont membres de la Coopérative ou l’étaient jusqu’à tout récemment. Et ils s’étaient engagés à vendre la fibre exclusivement à cette dernière.
De surcroît, l’agricultrice et présidente de la Coopérative Monark, Nathalie Léonard, n’a pas aimé le fait que le transformateur envoie une lettre aux médias, qui mentionnait que l’organisation n’était pas un partenaire « fiable, prévisible et soucieux de maintenir un climat de confiance ».
De partenaire à compétiteur
Il y a moins d’un an, la Coopérative Monark se disait pourtant soulagée de l’arrivée de Monark Éco Fibre à ses côtés. Les partenaires d’affaires qu’ils étaient censés devenir sont donc aujourd’hui des compétiteurs. Ils tenteront chacun d’attirer des producteurs, de récolter la fibre, de l’extraire et de commercialiser ce produit qu’on appelle la soie d’Amérique.
Récolte difficile
Le défi de l’asclépiade n’est pas tant de la cultiver, mais de la récolter et d’en extraire la soie. À ce sujet, le transformateur Monark Éco Fibre affirme que la technologie de récolte mécanique développée par la coopérative est « un échec avéré […] qui a détruit la récolte 2017 au lieu de la récolter ».
Le transformateur indique que la Coopérative Monark a livré seulement deux tonnes de fibre en 2017 alors que les discussions initiales faisaient état d’une centaine de tonnes. « De plus, la coopérative nous a livré deux ballots remplis de tiges et de feuilles, ce qui a rendu impossible l’extraction de la soie d’Amérique. Ç’a été un gros problème pour nous. Un désastre », dit le président de Monark Éco Fibre, Chafic Zakaria.
L’agricultrice Nathalie Léonard réfute ces blâmes, expliquant que ses 125 membres n’ont jamais promis de livrer 100 tonnes. « Plusieurs facteurs peuvent influencer les rendements, comme la température. […] Nous avons fait ce que nous pouvions », assure-t-elle. Elle ajoute que la récolteuse de la coopérative fonctionne bien, mais qu’elle doit être améliorée, comme toute machine qui en est à sa première saison.
Malgré leurs différends, les deux entreprises n’écartent pas l’idée d’effectuer des transactions ensemble dans le futur.