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Deux sortes de sous-produits d’huile de palme sont utilisés, en petite quantité, comme source d’énergie pour combler un manque en acide palminique. Photo : Shutterstock

Deux sortes de sous-produits d’huile de palme sont utilisés, en petite quantité, comme source d’énergie pour combler un manque en acide palminique. Photo : Shutterstock

Fini l’huile de palme dans l’alimentation des vaches

Après que de l’information à l’effet que des sous-produits d’huile de palme soient utilisés dans l’alimentation de certaines vaches ait été largement médiatisée, les Producteurs de lait du Québec (PLQ) demandent à leurs membres de cesser cette pratique. Ils souhaitent aussi que cette exigence s’applique aux produits laitiers importés et que l’industrie alimentaire, qui utilise cet ingrédient dans plusieurs produits, entame également une réflexion sur ses pratiques.

Les PLQ recommandaient déjà aux producteurs de réduire volontairement l’utilisation de sous-produits d’huile de palme en raison de leur impact environnemental. François Dumontier, directeur des communications de l’organisation, mentionne qu’un projet a même été déposé en septembre 2020 pour étudier la situation. La recherche sera menée par Novalait et doit commencer prochainement.

Les Producteurs laitiers du Canada (PLC) demandent aux agriculteurs de trouver des solutions de rechange. L’organisation a par ailleurs décidé de former un groupe national de travail sur la question. Son pendant québécois soutient qu’il suivra les recommandations et s’ajustera.

Utilisation marginale

Le recours aux sous-produits d’huile de palme est approuvé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Aux dires de François Dumontier, un sondage réalisé en 2018 a révélé que 22 % des 1 585 fermes participantes au Québec utilisaient de l’huile de palme dans l’alimentation de certaines vaches, principalement celles en début de lactation.

Deux sortes de sous-produits d’huile de palme sont utilisés, en petite quantité, comme source d’énergie pour combler un manque en acide palminique. Les PLC estiment que « l’augmentation du profil d’acide gras palmitique des matières grasses laitières liées à cette pratique alimentaire est inférieure à 3 % ».

Réactions

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, a mentionné que « la décision des Producteurs de lait du Québec était celle à prendre, car il est primordial que les Québécois aient pleine confiance envers nos produits ». Il a également ajouté que la transparence était importante tout au long de la chaîne bioalimentaire. La porte-parole de Québec Solidaire en matière d’agriculture, Émilise Lessard Therrien, réclame par ailleurs que le gouvernement Legault légifère pour interdire cette pratique « afin de préserver la réputation des produits laitiers québécois et de mettre fin à une pratique particulièrement destructrice pour la planète ».

De son côté, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, se réjouit de la décision des PLQ. « Les consommateurs canadiens s’attendent à ce que les producteurs agricoles fassent des efforts pour adopter des pratiques toujours plus durables » soutient-elle.

Des producteurs mécontents

Bon nombre de producteurs de lait ont vivement réagi à la commotion créée par cette histoire qui a d’ailleurs été reprise dans des médias étrangers. Sylvain Hinse, copropriétaire de la Ferme Hireault, à Tingwick, dans le Centre-du-Québec, se désole que le débat se soit rendu sur la place publique de cette façon et dénonce aussi la désinformation véhiculée sur le sujet. « Il faut en parler, mais le débat ne doit pas se faire sur de la fausse information », croit-il.

Le débat a été lancé à la mi-février dans un blogue du chroniqueur agroalimentaire Sylvain Charlebois, du Journal de Montréal, qui suggérait que le beurre était plus dur et le lait moussait moins depuis quelques mois, possiblement en raison de l’utilisation de d’huile de palme dans l’alimentation des vaches.


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