Alimentation 31 octobre 2025

Fermes Lufa : cultiver la proximité avec la clientèle

Depuis quelques mois, les Fermes Lufa tiennent deux kiosques permanents au Carrefour Laval et au Fairview Pointe-Claire. Après des années à fonctionner presque exclusivement en ligne, l’entreprise montréalaise d’agriculture urbaine multiplie désormais les occasions de rencontrer sa clientèle en personne, une approche qui porte ses fruits, selon Emily Péloquin, coordonnatrice des communications et des relations publiques.

« On souhaitait créer un point de contact physique, un lieu d’échange où les gens peuvent nous découvrir, poser leurs questions, goûter à nos produits, et surtout, se familiariser avec notre modèle unique d’alimentation », explique-t-elle.

Emiliy Péloquin

Des kiosques pour expliquer plutôt que vendre

Les deux kiosques de Lufa ne servent pas à vendre directement les produits. Ils offrent plutôt des dégustations et visent à informer le public sur le fonctionnement de l’entreprise. L’objectif principal : inciter les gens à s’inscrire au service de livraison en ligne, basé sur un modèle d’abonnement souple, sans obligation d’achat.

« Le contact direct aide à transformer les curieux en clients fidèles. Ceux qui découvrent la mission de l’entreprise et échangent avec les représentants adhèrent plus facilement à la philosophie de Lufa », souligne Emily Péloquin.

Si l’entreprise ne prévoit pas l’ouverture d’un autre kiosque permanent pour l’instant, elle maintient sa présence grâce à des kiosques mobiles lors d’événements culturels et sportifs, à Montréal, ailleurs au Québec et même à Ottawa, où la livraison est offerte depuis peu.

Une croissance soutenue par l’achat local

Les retombées de cette stratégie sont positives. La croissance du nombre d’abonnés demeure constante, estimée entre 15 % et 30 % par an selon les périodes. Emily Péloquin souligne que le contexte extérieur joue également un rôle déterminant : la pandémie ou encore la guerre tarifaire avec les États-Unis ont favorisé l’achat local et accru l’intérêt pour l’offre de Lufa. Elle insiste toutefois sur la nécessité d’entretenir ce réflexe.

Il faut continuellement rappeler que soutenir une économie circulaire et un système alimentaire résilient, c’est aussi un acte de consommation responsable.

Emily Péloquin

Un réseau de partenaires

La force de Lufa repose en grande partie sur son vaste réseau de producteurs et de fournisseurs, qui compte entre 300 et 450 partenaires. Ce marché fermier en ligne permet d’offrir quelque 2 500 produits frais, locaux et responsables, rendant possible une épicerie complète.

François Biron, de la Ferme Chapeau Melon, en Outaouais, se spécialise dans la culture du melon, entre autres.

Parmi ces partenaires figure la Ferme Chapeau Melon, située à L’Ange-Gardien, en Outaouais. Fondée en 2012 par l’agronome François Biron et sa conjointe Julie Beauregard, l’entreprise s’est spécialisée dans des cultures originales : melons, bébé gingembre, edamames et patates douces, toutes issues de pratiques ­biologiques certifiées. Dès ses débuts, la ferme a rejoint le réseau de Lufa, qui distribue aujourd’hui certains de ses produits phares. 

« Environ 40 % de notre chiffre d’affaires provient des ventes effectuées chez Lufa », explique François Biron. La ferme offre notamment sur la plateforme une de ses spécialités, le bébé gingembre, des melons, des edamames et des épinards. 

Bien que Chapeau Melon cultive également des patates douces, ces dernières ne sont pas vendues par Lufa, qui dispose déjà de ses propres producteurs pour cette culture. Cette loyauté envers ses partenaires plaît particulièrement à François Biron. « Lufa reste fidèle à ceux avec qui elle collabore déjà. D’autres producteurs qui offriraient les mêmes produits que moi se verraient ­refuser comme je l’ai été », souligne-t-il. Cette ­stabilité permet d’assurer une continuité pour les producteurs et une certaine sécurité quant à leurs débouchés commerciaux.