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S'abonner maintenantSAINTE-PERPÉTUE — Le client rêvé de tous les vendeurs de machinerie, c’est Jean-Pierre Blais, de Saint-Rosaire, au Centre-du-Québec.
Rien que cette année, il a acheté deux moissonneuses-batteuses et un tracteur articulé de 600 ch comportant un équipement de nivellement géoréférencé. Ces acquisitions impressionnantes s’ajoutent à celles de l’an dernier, soit un articulé de 560 ch équipé pour le nivellement, un tracteur T8 de 410 ch et un T6 de 165 ch, sans oublier le reste de son parc de machinerie. En clair, Jean-Pierre Blais vide littéralement la cour de son concessionnaire New Holland depuis deux ans.
« J’étais déjà très actif en grandes cultures avec près de 1 000 ha, mais comme j’ai vendu mon quota laitier de 135 kg de matières grasses par jour le mois dernier, j’ai voulu développer davantage le commerce de grains », explique l’agriculteur.
Même si ce type de dépense procure un avantage fiscal à celui qui vient de faire encan, le principal intéressé assure que ce sont les rabais associés à cet énorme volume d’achat qui l’ont incité à changer ses deux moissonneuses-batteuses. Par-dessus tout, il augmente la capacité de son service de travaux à forfait pour y impliquer les frères Jimmy et Steeve Côté, sa relève non apparentée. « J’étais un peu déçu de ne pas avoir de relève pour ma ferme laitière. Jimmy et Steeve travaillent avec moi dans le grain et d’ici cinq ans, ce sont eux qui prendront les rênes de l’entreprise », explique M. Blais.
Certains prétendent qu’en raison des dépenses de plus de 3,25 M$ en deux ans qu’il a effectuées chez son concessionnaire, Jean-Pierre Blais se dirige tout droit vers la faillite. L’agriculteur calcule pourtant méticuleusement le seuil de rentabilité de chaque machine.
Pour rentabiliser un tracteur articulé, on doit le faire travailler 800 heures par année; un objectif largement dépassé pour ses deux machines en 2016. Les moissonneuses-batteuses doivent minimalement récolter 2 500 acres. Cette année, l’entreprise a eu assez de contrats pour récolter près de 7 000 acres, ce qui explique la location d’une troisième moissonneuse avec option d’achat pour 2017.
Hypertechno
Les nouvelles moissonneuses-batteuses de M. Blais sont équipées de capteurs qui envoient l’information instantanément sur son téléphone intelligent. Ainsi, le propriétaire a accès à tout. Il peut connaître le pourcentage d’utilisation de la machine, sa vitesse et les ajustements des différentes composantes de battage. « Tu baisses tes coûts de production en surveillant en direct les performances de tes machines », insiste-t-il.
L’investissement est considérable, mais Jean-Pierre Blais envisage l’avenir avec optimisme. Il songe à acheter d’autres terres et compte accroître la capacité de son centre de grains, qui atteint 10 000 tonnes. « Je suis de ceux qui croient qu’il faudra encore nourrir le monde. J’ai confiance en l’agriculture », conclut-il.