Photo : Elzé Photographie
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S'abonner maintenantLe transfert est une étape cruciale dans la vie d’une entreprise. En agriculture, une majorité de transmissions se font dans un cadre familial, ce qui entraîne des enjeux propres à ce type de transfert. Le transfert familial doit combler les besoins de l’individu, mais aussi ceux de la famille et de l’entreprise. Pour le réussir, on doit le préparer, notamment en s’assurant que les valeurs de chaque partie sont compatibles.
La décision de transférer revient d’abord aux propriétaires. Ceux-ci ont le choix de transférer ou de vendre la ferme à un de leurs enfants, à un étranger ou de liquider. Ils peuvent être influencés dans leur choix par la manière dont la ferme a été acquise dans le temps ou par la façon dont le quotidien se vit à la ferme. Quand on aime son métier, comme c’est le cas pour la majorité des agriculteurs, il est plus probable qu’on fasse le choix de la continuité.
Si on choisit de transférer son entreprise, il doit y avoir une relève. La plupart du temps, dans les entreprises agricoles, on parle d’une relève familiale, mais en l’absence d’un tel type de relève, de plus en plus de gestionnaires choisissent de transférer à un étranger. Pour eux, la continuité est plus importante que la simple valeur financière. En revanche, pour qu’on accepte de transférer à une relève non apparentée, une relation de confiance doit s’installer, un peu comme si on vendait à un de nos enfants.
Intéresser la relève
Afin d’intéresser la relève, il faut une entreprise où il fait bon vivre. Les cédants doivent aussi encourager les initiatives et s’assurer de relever les bons coups plus souvent que les erreurs. Pour reprendre l’image utilisée par un propriétaire d’entreprise, il vaut mieux donner une claque sur l’épaule que derrière la tête. La relève doit être initiée très tôt à la gestion financière de la ferme et suivre de la formation continue en plus d’acquérir une solide formation générale de base. Avec la complexité de la gestion des entreprises aujourd’hui, les jeunes doivent posséder une foule de connaissances et de compétences.
Dans un cheminement de transfert, il doit y avoir un processus de délégation s’échelonnant sur une période plus ou moins longue. Par contre, il faut éviter de déléguer des situations d’urgence ou de vouloir atteindre la perfection du premier coup. Si l’on veut que ce soit fait exactement comme on l’aurait fait, vaut mieux le faire soi-même!
Aborder les sujets délicats
Lorsqu’on commence à parler du transfert de la ferme, plusieurs questions délicates surgissent. L’argent est l’un de ces sujets. Un autre sujet délicat concerne les maisons. Qui du cédant ou de la relève habitera la maison de la ferme? La place du conjoint ou de la conjointe de la relève dans l’entreprise est également une question à aborder. Sans oublier les mères, qui jouent parfois le rôle d’intermédiaire entre le père et la relève, ce qui peut être une situation difficile à vivre. Bref, il vaut mieux faire preuve de transparence pour toutes ces questions délicates, et en discuter face à face afin d’éviter les situations ambiguës.
Planifier tous les aspects
En plus de l’aspect humain, qui est primordial dans tout processus de transfert, on doit également regarder la situation technico-économique de l’entreprise, analyser la faisabilité financière, l’aspect fiscal et l’aspect légal. Bref, la planification du transfert est un processus complexe qui exige du temps. On doit y songer quelques années à l’avance afin de mettre toutes les chances de son côté.
Et vous, avez-vous réfléchi au transfert de votre entreprise? En avez-vous parlé avec vos partenaires? Des conseillers et conseillères en transfert de ferme sont là pour vous guider dans cette étape tellement importante de votre vie.
Brigitte Paré, conseillère en transfert de ferme et en relations humaines, CMCA
Ce texte est une présentation de VIA, Pôle d’expertise en services-conseils agricoles et est paru dans un cahier spécial de La Terre de chez nous, le 4 mars 2020.