N’oublions pas que les intérêts sur une marge de crédit pour payer la machinerie ou les intrants doivent être considérés dans les frais d’entreposage.
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S'abonner maintenantLa commercialisation des grains est primordiale à la bonne rentabilité d’une entreprise. Trois experts sur la question, interviewés par La Terre, proposent leurs recommandations pour 2020. Les trois s’accordent pour dire qu’une tendance haussière semble se dessiner dans le maïs, le soya et le blé.
Simon Brière, stratège de marché chez R.J. O’Brien et Associés
Maïs

Simon Brière rappelle qu’au-delà des conseils ponctuels prodigués dans cet article, un vrai plan de mise en marché doit être déterminé deux à trois ans à l’avance, suivant le plan de rotation des cultures.
Soya
« Le soya au Québec, c’est traditionnellement un marché d’exportation, à la merci des ententes commerciales et des humeurs de Donald [Trump]! Mais on est optimistes pour les prix de 2020. Sur papier, on s’attend à voir les bilans offre/demande se resserrer, mais ça doit nécessairement passer par l’exportation et donc par la Chine. »
Blé
« Les ensemencements du blé d’hiver sont faibles aux États-Unis et ont même atteint un creux de 111 ans. Même si la consommation de blé augmente d’année en année avec la hausse de la population, l’abondance de blé commence à diminuer, surtout aux États-Unis, ce qui a déjà favorisé des prix plus élevés que les producteurs peuvent capturer pour cette année. »
Jean-Philippe Boucher, conseiller en commercialisation des grains
Maïs

Soya
« C’est embêtant, le soya! L’accord États-Unis–Chine, en principe favorable, va-t-il vraiment inciter la Chine à acheter du soya américain? Globalement, je pense encore qu’avec la structure du marché actuel du soya, les prix pourraient monter. Il y a cependant le risque que Trump se chicane à nouveau avec les Chinois et que le prix baisse. Cette incertitude politique rend les choses très désagréables pour planifier sa vente de grains. Un bon plan de commercialisation est encore plus important dans ce genre de situation. »
Blé
« Le marché est très dynamique. […] Si des producteurs ont encore du blé, ils peuvent attendre pour le vendre; peut-être que de belles surprises vont encore survenir. Concernant la prochaine récolte, il faudra surveiller si les producteurs [nord-américains] se sont décidés à semer plus de blé. Si c’est le cas, et que les prix sont encore bons lors de la récolte, je conseillerais aux producteurs du Québec d’en profiter et de ne pas trop attendre pour vendre leur récolte de blé. »
Ramzy Yelda, analyste des marchés chez les Producteurs de grains du Québec
Maïs

En cette année particulière, Ramzy Yelda recommande aux producteurs de bien évaluer la qualité de leur maïs avant de le livrer à un acheteur et de conserver un échantillon représentatif qui pourrait se révéler fort utile en cas de litige.
Soya
« Je suis neutre. N’oublions pas que le conflit entre la Chine et le Canada n’est pas réglé. Les cinq à six prochaines semaines seront décisives. À plus long terme, les stocks de report risquent d’être serrés, ce qui pourrait tendre vers une hausse de prix à l’été. »
Blé
« L’Australie a connu de mauvais rendements, les volumes récoltés aux États-Unis sont moins élevés et l’Ouest canadien a enregistré des problèmes de qualité du blé en 2019. Pour 2020, on part avec une baisse des superficies des semis d’automne tant aux États-Unis qu’en Europe. Au final, le prix monte et ne finit pas de monter. Le blé pourrait être une bonne option pour les producteurs québécois. C’est aussi le temps de penser à se fermer des contrats. »