Actualités 3 septembre 2018

L’agroforesterie vue du sol

La présence d’arbres dans le paysage agricole fournit une panoplie de services écologiques et sociaux.

Avant d’être récolté, l’arbre agroforestier aura stocké du carbone dans le sol pendant 15 à 80 ans. Il aura servi de perchoir à une multitude d’oiseaux, nourri et abrité la petite faune et les pollinisateurs, et capté des éléments fertilisants. Il aura également été pris en photo par de nombreux adeptes de l’agrotourisme. 

Des prémices de son implantation à sa récolte, toutes les étapes – incluant la planification, la plantation, l’entretien, l’abattage, le découpage à la scierie et, qui sait, le façonnage à l’atelier – auront contribué à l’emploi local. Au-delà d’un produit de qualité, le bois que nous aurons dans les mains incarnera la protection des ressources et le savoir-faire de tout un ensemble de professionnels et d’artisans de notre territoire.  

Santé du sol et des plantes

Pour assurer son bien-être, l’être humain doit pourvoir à ses besoins physiologiques et sociaux et se sentir en sécurité. De même, les plantes se développent d’autant mieux qu’elles disposent de nutriments et d’eau en quantité suffisante et qu’elles sont bien entourées d’une communauté végétale et microbienne avec laquelle réaliser de nombreux échanges. Elles sont ainsi plus aptes à se défendre contre les agressions et à s’adapter aux variations environnementales. 

Pour cela, elles doivent pouvoir s’épanouir sur un sol qui n’est pas emporté par l’érosion, tassé par la compaction, asphyxié par l’eau ou stérilisé par le soleil. Un sol qui héberge une importante activité biologique permettant de consolider la structure, d’aérer les agrégats, de recycler les nutriments, de stimuler les mécanismes de défense… 

Par ailleurs, les écarts de température et de pluviométrie vont s’accentuer dans les années à venir. Un sol propice à une meilleure infiltration des excès d’eau du printemps et à une plus grande rétention au cours des sécheresses de l’été de même qu’une optimisation des microclimats deviennent donc essentiels.

La présence d’arbres sur le sol agricole prend ainsi tout son sens.

L’arbre agroforestier comme culture de couverture

Un sol en santé s’établit par l’association d’une diversité de plantes dans l’espace et dans le temps : les unes au-dessus des autres (plantes abris, mélanges), les unes à côté des autres (intercalaires, bandes alternées), les unes après les autres (couverts post-récolte, cultures d’automne). Les rotations et les cultures de couverture permettent de diversifier les familles végétales, les structures aériennes et racinaires et les périodes de croissance, avec des plantes annuelles et pérennes… et pourquoi pas des arbres? 

Un outil du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) permet de découvrir divers types de systèmes agroforestiers à travers le Québec. Intitulé Réseau de sites de démonstration en agroforesterie, le site Web est accessible à l’adresse bit.ly/CRAAQagroforesterie.  

Cécile Tartera, agr. , collaboration spéciale