Actualités 11 juin 2018

Fertilisation raisonnée : le principe des 4B

La protection de l’environnement constitue une priorité depuis longtemps pour tous les acteurs de l’agriculture québécoise. Les intervenants et les producteurs travaillent ensemble afin de trouver des pratiques et des solutions pour assurer une utilisation efficace et responsable des engrais minéraux et ainsi minimiser les impacts environnementaux. Bref, la gestion durable des nutriments selon le principe des 4B permet d’accroître la production, d’augmenter la rentabilité et d’améliorer la protection de l’environnement.

Le principe des 4B est simple : il s’agit d’utiliser la bonne source, la bonne dose, au bon moment et au bon endroit.

Le bon produit

Tout d’abord, il est recommandé d’utiliser le bon produit. En effet, chaque élément fertilisant peut se présenter sous diverses formes, dont les caractéristiques s’adaptent mieux soit à certaines cultures, soit à certaines conditions de sol ou pratiques culturales. Il existe aussi plusieurs fertilisants ou additifs, pour protéger l’azote par exemple, et minimiser les pertes par lessivage ou volatilisation.

La bonne dose

Ensuite, il faut calculer la dose requise en fonction des plantes et des sols. En agriculture moderne et compétitive, les réserves nutritives des sols sont le plus souvent insatisfaisantes ou mal équilibrées et ne peuvent assurer des rendements successifs qui répondent aux exigences de qualité et de quantité. Une fertilisation optimale favorise l’obtention de bons rendements tout en maximisant la rentabilité des cultures. Dans le même ordre d’idée, fertiliser sans excès permet de réduire les risques de contamination des eaux, en particulier par l’azote et le phosphore.

Au bon moment

Le troisième B vise à ce que les apports de fertilisants se fassent au bon moment, donc qu’ils soient synchronisés le plus possible avec les besoins de la culture. Le timing optimal est déterminé par un modèle d’absorption des nutriments propre à la culture. Les courbes d’absorption sont différentes pour chacun des nutriments. Le fractionnement de l’azote en plusieurs applications en est un bel exemple.

Au bon endroit
Finalement, l’application doit se faire au bon endroit, là où l’assimilation se fera plus efficacement et où le sol en aura vraiment besoin. Les nouvelles technologies d’échantillonnage des sols géoréférencé et les applications à taux variables sont plus que jamais accessibles et simples d’utilisation. 
Cela permet d’appliquer les fertilisants aux endroits où les besoins sont plus grands et de minimiser les applications excessives quand ces derniers sont moindres. En plus d’une économie en fertilisants pour le producteur, une telle pratique présente des bienfaits environnementaux indéniables.

Des engrais bien gérés concourent à des systèmes de culture qui procurent des avantages économiques, sociaux et environnementaux. Par contre, des épandages mal gérés peuvent réduire la rentabilité et accroître les pertes de nutriments, ce qui risque de dégrader l’eau et l’air. Le principe des 4B est donc à considérer, et à mettre en application lors de la fertilisation des cultures.  

L’interaction des B
Chaque situation, chaque système de production a sa propre combinaison de B. Le choix du bon produit est ainsi influencé par la dose, le moment et l’endroit, et vice versa. Par exemple, pour un épandage d’azote en présemis, on pourrait envisager l’emploi d’un protecteur d’azote afin de limiter les pertes, alors qu’on voudra utiliser une source d’azote rapidement disponible lors d’applications en post-levée.

 

Jean-François Lemoine, agr. Agrocentre Farnham