L’allemande Bayer devra vendre son secteur lié aux semences de canola, de soya et de carottes avant de compléter l’achat de Monsanto.
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S'abonner maintenantLa méga-acquisition de Monsanto par Bayer devrait permettre à un troisième gros joueur, BASF, de faire une incursion dans le secteur des semences.
En effet, la transaction annoncée en septembre 2016 pour la somme de 66 G$ US pourra maintenant aller de l’avant, mais Bayer devra se départir de toute sa gamme de semences incluant le coton, le canola, le soya et les légumes. L’herbicide Liberty devra aussi être cédé, de même que certaines innovations liées à l’agriculture numérique. C’est BASF, surtout connue pour ses produits chimiques et ses pesticides, qui récupérera le tout.
Décisions américaine et canadienne
La transaction annoncée en 2016 avait déjà obtenu l’aval des autorités européennes, mais le département de la Justice des États-Unis (DOJ) vient d’exiger que l’allemande Bayer se départisse de 9 G$ US d’actifs qui sont actuellement en compétition avec Monsanto afin de maintenir plus de concurrence et d’innovation dans le marché.
Le Bureau de la concurrence fédéral emboîte le pas à Washington et exige que Bayer vende ses activités relatives aux semences et traits de canola, de soya et de carottes, au traitement par nématicides, au désherbant de glufosinate-ammonium, à la technologie de tolérance au désherbant LibertyLink, aux actifs liés au désherbant Centurion et à l’exploitation agricole numérique au Canada.
La tolérance à l’herbicide Liberty de Bayer se trouve dans environ 55 % des semences de canola vendues au Canada et le trait Roundup Ready de Monsanto dans 40 % de celles-ci. Sans la vente de la division de Bayer pour les semences de canola, la nouvelle entité Bayer-Monsanto aurait dominé le marché.
Le Bureau de la concurrence analysera l’impact de la vente de ces actifs à BASF qui est proposée par Bayer et se prononcera plus tard sur cette autre transaction.
« L’agriculture a toujours été un élément essentiel de l’économie canadienne, et l’innovation demeure aussi importante dans ce secteur que dans les nouveaux secteurs. Ce consentement avec Bayer préservera la concurrence et l’innovation dans le secteur canadien de l’agriculture, et il est le résultat d’une approche de collaboration avec les parties et nos homologues internationaux », affirme cependant déjà John Pecman, commissaire à la concurrence.
Bayer devrait pouvoir compléter sa mégatransaction d’ici deux mois, après un délai réglementaire de 60 jours de commentaires à partir du 29 mai.