Actualités 22 avril 2018

Patate bio : un investissement important

À l’Île-d’Orléans, Pierre Vaillancourt et sa famille ont commencé à mettre en marché leurs pommes de terre biologiques dans un emballage haut de gamme de 1,5 lb en carton recyclable.

Dans la même lignée, ils ont choisi la Gabrielle, une variété à chair ferme, assez longue et « très savoureuse », aux dires de M. Vaillancourt.

L’entreprise vise un marché de niche. « Les aliments de qualité et les petits formats qui évitent le gaspillage sont tendance », précise le copropriétaire de la ferme, qui cultive 125 hectares de pommes de terre, dont 5 sous régie biologique. 

La production bio engendre des coûts importants, et pas seulement en achat de machinerie. Les manques à gagner associés à la baisse de rendement s’élèvent à 30 % environ. Et rappelons que pendant les trois années que dure la transition, les patates sont produites sous régie biologique, mais vendues au prix du conventionnel. 

Laver et désinfecter la chaîne d’ensachage pour les pommes de terre bio gonfle également les coûts. « On ne se cachera pas que les premières années, c’est de l’investissement, le bio. Reste à espérer que ça n’aura pas servi à rien », dit M. Vaillancourt, qui s’avoue satisfait des ventes jusqu’à maintenant. 

Réussite

En Chaudière-Appalaches, la Ferme Morrinal livre en moyenne 200 000 lb de pommes de terre par année à partir d’une dizaine d’hectares en culture. « J’ai commencé il y a 10 ans. J’avais de la demande pour des pommes de terre bio, et au fil des ans, j’ai augmenté mes superficies et je me suis amélioré. Je ne dirais pas que c’est facile, mais ça va bien aujourd’hui », explique Marial Morin. Il précise qu’une bonne technique de semis, de sarclage et, surtout, une bonne rotation de ses champs lui permettent d’obtenir un rendement décent. Les ventes vont bien pour l’instant, mais il assure que si la compétition de la part des gros joueurs s’accentuait, la production de pommes de terre bio pourrait devenir moins intéressante.