Actualités 31 janvier 2018

15 ans de plus pour cultiver sur les Îles-de-Boucherville

BOUCHERVILLE Deux producteurs agricoles ont finalement obtenu le feu vert de Québec afin de poursuivre leurs activités sur les Îles-de-Boucherville, grâce à un nouveau bail de 15 ans. Bien qu’encourageante, l’entente arrive après plusieurs années de pourparlers et d’incertitudes.

En valorisant le patrimoine associé au parc national, le gouvernement espère « non seulement intéresser un plus grand nombre de personnes à venir visiter le parc, mais également éduquer et sensibiliser les visiteurs à l’importance de l’agriculture au Québec », a indiqué Nicole Ménard, députée de Laporte et whip en chef du gouvernement, lors de l’annonce le 29 janvier.

Le bail des fermes Savaria et frères ainsi que Van Velzen et fils est arrivé à échéance en 2016. Le ministère des Forêts, de la Faune et de Parcs du Québec avait dès lors accordé un an à la famille Van Velzen pour continuer sa production de maïs, le temps que les négociations aboutissent.

Nouveaux projets

Présent lors de l’annonce, Paul Van Velzen a souligné l’importance de cette entente qui lui permettra d’aller de l’avant avec de nouveaux projets. « Je me donne trois ans avant de réintroduire le maïs sucré dans les Îles. Et après ça, on va se consacrer à la primeur [de maïs sucré]. Les premiers 100 acres devront être vendus dans les 10 premiers jours d’une première saison », projette-t-il avec conviction. Le producteur qui travaille sur cette terre depuis sa tendre enfance songe également à y cultiver le soya et le blé.

Cette annonce est aussi l’aboutissement de six ans de travail pour le maire de Boucherville, Jean Martel. Ce dernier se dit satisfait du résultat au terme du processus de consultation. « Au début, je voyais ça [le processus de consultation] comme un recul. En rétrospective, c’était une bonne idée, car ça a permis d’avoir des compromis et une approche plus durable », convient-il.

Par l’entremise d’une pétition, M. Martel avait récolté l’appui de 10 % de sa population avec 4 200 signatures, en plus d’avoir fait adopter des résolutions au conseil municipal et à la Communauté métropolitaine de Montréal pour le maintien des activités agricoles.

Rappelons qu’en 2013, Québec envisageait de reboiser le secteur plutôt que de conserver l’exploitation agricole, considérant qu’elle ne convenait plus à la vocation du parc national. Cette annonce s’accompagne d’une volonté de Québec d’adopter de meilleures pratiques agricoles au parc national. Au cours des prochaines semaines, le ministère entend réaliser une étude pour améliorer le drainage des terres. Aussi, on envisage de créer des haltes d’information afin d’inviter le public à découvrir les pans de l’agriculture sur les lieux.