Les délégués de la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches ont notamment voté une résolution afin de mettre un terme au moratoire sur les superficies en culture. Crédit photo : Pierre-Yvon Bégin/TCN
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S'abonner maintenantSCOTT — La protection de l’environnement et le moratoire sur les superficies en culture retiennent de nouveau l’attention. Réunis récemment pour l’assemblée générale annuelle (AGA) de la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches, plus de 250 producteurs et délégués ont notamment réclamé le droit de récupérer les terres sacrifiées ces dernières années au bénéfice de l’environnement.
Réélu par acclamation, le président de la Fédération, Paul Doyon, a bien résumé la frustration de ses membres, dont les efforts de cohabitation ne sont pas reconnus. Il a entre autres rappelé la chaleur de fin septembre où les odeurs provoquées par l’épandage des fumiers ont littéralement empesté la région.
« Ça fait des années qu’on dit que ça n’a pas d’allure », a-t-il affirmé au sujet de l’obligation d’épandre les fumiers avant le 1er octobre. « On devrait pratiquer l’agriculture en fonction de la température. Mais non! Il faut suivre les normes et respecter les petites dates niaiseuses qui ont été mises en place par des fonctionnaires de débiles », a-t-il précisé, provoquant un tonnerre d’applaudissements dans la salle.
Paul Doyon a vivement attaqué le ministère de l’Environnement, dont l’objectif demeure le même et qui a fait « un pas de plus pour nous écœurer ». Il a dénoncé l’imposition d’une prescription sur l’usage des pesticides et une protection accrue souhaitée pour les milieux humides.
Le président a de plus noté que le territoire agricole « ratatine » chaque année, indiquant que 68 hectares ont été perdus cette année en Chaudière-Appalaches, pour un total de 4 193 hectares depuis 1992. Quant au phénomène d’accaparement des terres par des spéculateurs, il a affirmé que « Pangea a frappé » dans le secteur de Montmagny.
« Ça va prendre du courage pour trouver une solution », a-t-il souhaité. « Nos terres, c’est un outil précieux qu’il faut garder entre les mains des producteurs, a renchéri le 2e vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron. Il est grand temps qu’on se fasse respecter. »
Veaux laitiers
Concernant les veaux laitiers, le président de la Fédération a rapporté une situation catastrophique. Des veaux se vendent pour seulement 25 $/tête, dit-il, les producteurs n’ayant même pas la certitude d’être payés. Il s’inquiète d’autant que l’acquisition d’Écolait par Délimax pourrait ne laisser que deux acheteurs de veaux laitiers en place, dont l’un d’eux pourrait contrôler 90 % du marché. « C’est une mise en marché d’une autre époque, a-t-il affirmé à La Terre. C’est comme dans le sirop d’érable en 1989. »
Paul Doyon estime que Chaudière-Appalaches est la région par excellence pour développer cette production. Malheureusement, les producteurs, illustre-t-il, peuvent livrer deux vans de veaux, ne sachant pas quel prix ils vont en retirer. En comparaison, il cite l’exemple de la nouvelle coopérative Le Pré, dont les sociétaires savent combien ils vont recevoir « pour une brassée de carottes » avant la livraison. L’an prochain, se réjouit-il, les producteurs vont même connaître le prix avant le début de la saison.