Actualités 16 septembre 2017

Dernière chance de rattraper le retard dans le maïs

Le chercheur Gilles Tremblay a analysé différentes parcelles de maïs ces dernières semaines et il en dégage deux constats. D’abord, les rendements dans le maïs-grain devraient être environ 15 % inférieurs cette année par rapport à l’an passé. Ensuite, le retard accumulé dans cette culture est loin d’être une simple rumeur.

Une douzaine de jours de retard

« Le mois d’août n’a permis aucun rattrapage d’accumulation de chaleur. De toute évidence, nous avons moins de chaleur jusqu’à maintenant. Mes dernières analyses de maïs indiquent une teneur en humidité de 63,7 % [pour la région de Saint-Hyacinthe]. C’est 10 points de plus que l’an passé à pareille date. Et ça représente 13 jours de retard », mentionne l’agronome du ministère de l’Agriculture du Québec.

Pour les régions de la rive nord du fleuve et de Drummondville, le maïs échantillonné affiche une teneur de 65,8 % en eau, soit 11 jours de retard comparativement à la moyenne des dernières années.

Finalement, dans les régions plus froides de 2 300 unités thermiques maïs (UTM) et moins, le maïs présentait une teneur en eau de 75 % comparativement à 61 %, un retard d’une douzaine de jours. « La courbe de maturation est cependant plus rapide dans cette zone, puisque les hybrides plus hâtifs ont tendance à perdre 1,1 % de teneur en eau par jour par rapport à ceux des régions plus chaudes où elle diminue de 0,8 % par jour. Espérons qu’il n’y aura pas de gelée mortelle. Autrement, ça pourrait être problématique », spécifie celui qui était spécialisé en recherche au Centre de recherche sur les grains (CEROM).

En Montérégie, le propriétaire de l’Agrocentre Farnham, Raymond Lemoine, apprécie la chaleur annoncée pour les prochains jours. Il croit cependant que ce sera insuffisant pour que les variétés de plus de 2 850 UTM puissent atteindre une teneur en humidité adéquate. Le poids à l’hectolitre risque ainsi d’être plus faible et les coûts de séchage, plus élevés. 

15 % de moins

L’analyse d’échantillons de Gilles Tremblay lui laisse présager des rendements moindres de maïs-grain pour l’ensemble du Québec. « En comparant mes pesées de cette année à celles des années 2001 à 2016, j’arrive à une estimation du rendement moyen de 9,2 t/ha. C’est près de 1,5 tonne de moins cette année que les 10,6 t/ha de l’an dernier », prévoit-il.