Le carpocapse adulte. Crédit photo : IRDA
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S'abonner maintenantAprès sa quatrième année de lutte au carpocapse à l’aide de la confusion sexuelle, Hubert Philion, pomiculteur des Vergers écologiques Philion, se sent comme dans des pantoufles.
L’installation des diffuseurs et les suivis de la conseillère ne sont plus qu’une simple formalité, tout comme l’était il y a plusieurs années l’application d’insecticides.
Le pomiculteur d’Hemmingford n’a observé qu’un seul dommage sur fruit causé par le carpocapse cette année. « Je suis déjà à la quantité minimale de diffuseurs recommandée et je compte poursuivre de la même façon l’été prochain, déclare-t-il, satisfait. C’est un cas réglé pour moi. Je ne suis même pas inquiet! »
Il n’est d’ailleurs pas le seul dans cette situation, selon Daniel Cormier, chercheur en pomiculture à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Avant l’utilisation de diffuseurs, les vergers atteignaient en moyenne 1,4 % de dommages. Cette année, on en a relevé seulement 0,4 %, en plus d’une réduction significative de l’utilisation d’insecticides (de 2,65 à 1,75 applications).
Un programme qui porte fruit
La raison de ce succès? C’est le programme d’aide financière Prime-Vert, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), implanté pour la première fois en 2016, qui offre des subventions pour la coordination du programme, l’embauche de conseillers et l’achat des diffuseurs. La quantité de producteurs participants a ainsi bondi de 34 à 110, et la superficie couverte, de 254 à 987 ha. « On s’est donné comme objectif de couvrir 25 % du territoire pomicole et on y est déjà presque, après seulement un an. L’an prochain, je prévois atteindre 1 250 ha, sinon je vais être déçu », blague fièrement Daniel Cormier. De son côté, Hubert Philion applaudit également l’initiative. « C’est un excellent incitatif pour enjoindre les producteurs à changer leurs façons de faire. Tout le monde a peur du changement, et quand ça coûte de l’argent, on a encore plus de mal à être audacieux, malgré toutes les preuves scientifiques dont on dispose. »
Un succès à répéter
En 2010, rappelle fièrement Daniel Cormier, la confusion sexuelle n’avait même pas commencé au Québec. Le chemin accompli en six ans s’avère impressionnant et prometteur. S’il doit encore attendre la rencontre avec les producteurs en février prochain pour avoir les données exactes du bilan de 2016, le chercheur de l’IRDA n’hésite pas à qualifier le projet de franc succès.
Quant à Hubert Philion, déjà bien à l’aise avec la confusion sexuelle, il a de nombreux nouveaux projets pour 2017, dont le développement d’une méthode pour cesser toute utilisation d’herbicides. « J’ai toujours aimé essayer des choses, explique-t-il. Et actuellement, les solutions de rechange courantes aux herbicides ne m’intéressent pas, alors je vais finir par trouver ma propre solution! »