Actualités 23 mai 2017

Le NKS : présence discrète au Québec

Reconnu comme l’un des ravageurs causant le plus de dommages aux cultures de soya dans le monde, le nématode à kyste du soya (NKS) a été détecté pour la première fois au Québec en 2013.

Les populations de ce petit ver invisible à l’œil nu, présentes dans toutes les régions productrices de soya de la province, demeurent faibles jusqu’ici.

Chez nos voisins, la situation est tout autre. Aux États-Unis, le NKS cause des pertes économiques de plus de 1 G$ par année. L’Ontario, qui est aux prises avec ce problème depuis au moins 30 ans, connaît des pertes de rendement de 5 à 100 %. Pour éviter que cela se produise chez nous, les producteurs québécois se doivent d’appliquer de bonnes pratiques de gestion.

Cette gestion du NKS est assez simple, selon le chercheur en nématologie d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, Benjamin Mimee. « La rotation avec des cultures non hôtes, notamment le maïs, les céréales et les plantes fourragères, constitue la première ligne de front, avance l’expert. On a avantage à faire une rotation la plus longue possible, mais si on intercale une année de maïs entre deux années de soya, on diminue déjà les risques de voir les populations de nématodes augmenter de façon exponentielle. De plus, l’utilisation de cultivars résistants au NKS est une méthode fort efficace et à coût nul pour le producteur. Ces cultivars perdent de leur efficacité avec les années, mais des centres de recherche développent actuellement de nouvelles sources de résistance. Les agriculteurs doivent aussi prévenir la dissémination du parasite en travaillant les champs déjà atteints en dernier. »

Des champs faiblement touchés, comme le sont encore ceux du Québec, ne démontrent pas de symptômes. Alors, le seul moyen de savoir s’ils le sont consiste à dépister le parasite en prélevant un échantillon de sol lorsque le soya a atteint sa maturité ou peu de temps après sa récolte. Par l’intermédiaire des réseaux Agriconseils, les producteurs peuvent obtenir une aide financière pour qu’un agronome échantillonne leurs champs et mette en place un plan de gestion intégré des ennemis des cultures visant à bloquer la prolifération du NKS.

Louise Thériault, agronome, collaboration spéciale