François Guay n’en croyait pas ses yeux : la récolte de maïs 2016 a été plus abondante qu’il le prévoyait. L’entreprise a enregistré cette année sa meilleure récolte à vie. Crédit Photo : Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantLes Guay connaissent l’existence du bio, du semis direct et des rotations de cultures, mais selon eux, la régie qui génère le plus de profits est assurément la monoculture.
Les 870 ha (2 150 acres) de la famille Guay à Noyan, au sud de Montréal, sont entièrement consacrés à la culture du maïs. « Nous avons même un champ en maïs sur maïs depuis 1966, qui donne des rendements de près de 11 t/ha de matière sèche. C’est quand même pas mal pour une terre sur le roc, impossible à drainer », explique François Guay, copropriétaire de la ferme avec son frère et son fils.
Qui plus est, l’entreprise a enregistré cette année sa meilleure récolte de maïs à vie avec un rendement moyen de 12 t/ha de maïs sec.
L’amélioration génétique
La monoculture de maïs se révèle plus performante aux yeux des propriétaires, en raison de la quantité élevée de matière organique qui retourne au sol chaque année, mais surtout, grâce à l’amélioration génétique des hybrides de maïs. « On cultive nos plants dans un secteur où le nombre d’unités thermiques est parmi les plus élevés au Québec [3 000]. Les hybrides tardifs de maïs nous permettent de maximiser l’utilisation de cette chaleur afin d’augmenter les rendements », dit M. Guay. Ce dernier n’en démord pas, l’amélioration génétique dans le maïs est selon lui supérieure à celle du soya. « En 1982, j’obtenais 9 t/ha de maïs dans mes parcelles, un chiffre qui atteint aujourd’hui 15,3 t/ha. C’est 70 % d’augmentation, contrairement au soya où les rendements stagnent. »
Le producteur sélectionne ses cultivars de maïs avec minutie et analyse à la loupe ses résultats de parcelles et ceux des compagnies de semences. « Aux dires des vendeurs, tous leurs hybrides sont bons. Mais ce n’est pas vrai. Prendre le temps de bien choisir ses semences ne coûte rien de plus au producteur, mais ça peut lui rapporter gros », assure-t-il.
François Guay et son fils sont agroéconomistes de formation. Ils estiment que la monoculture leur procure un plus grand pouvoir de négociation lorsque vient le temps d’acheter leurs semences et l’engrais. Idem pour l’utilisation de la machinerie. « Quand tu fais du soya et du blé, tu dois acquérir plus d’équipements pour pratiquer ces cultures et chacun d’entre eux sert moins. Si je prends, par exemple, mes installations de séchage, elles ne servent pas durant deux semaines, mais pendant deux mois. C’est avec du volume que tu compresses tes coûts de production », explique M. Guay.
Son fils et lui calculent fréquemment les rendements de même que les coûts associés aux cultures de maïs et de soya. Ils disent obtenir des marges brutes de 350 à 550 $/ha de plus pour le maïs, comparativement à une rotation maïs-soya. « N’oublions pas que les gens ont souvent l’habitude de mettre peu d’intrants dans leur soya. Mais ça fausse les données, car le soya soutire des nutriments au sol. S’ils veulent obtenir le vrai coût de production dans le soya, ils doivent y imputer une part de la fertilisation requise ensuite pour le maïs », précise M. Guay.
La ferme emploie 200 unités d’azote pour fertiliser ses terres. Une dose d’urée est ajoutée lors du semis et le reste est appliqué à la volée avec un épandeur géoréférencé. Aucun herbicide résiduel n’est utilisé. « C’est une perte d’argent. On préfère repasser avec l’automotrice dans les zones à problème », indique le producteur.
Des nerfs solides
Le désavantage de la monoculture est que les activités à réaliser sont concentrées sur de courtes périodes. La course contre la montre commence au printemps. Un planteur 16 rangs dirigé par un système GPS et un autre de 8 rangs sont nécessaires pour compléter les semis le plus tôt possible en mai. Le chantier de récolte s’amorce pour sa part en octobre et se termine en décembre, parfois même après Noël. Une équipe se charge des récoltes tandis qu’une autre s’affaire au travail du sol, qui consiste à labourer les loams argileux et à utiliser une déchaumeuse à disques dans les loams graveleux pour enfouir les résidus. « Il faut avoir les nerfs solides quand tu fais 800 ha en monoculture. Autrement, à l’automne, un gars de nature stressée se ramasse vite à la maison de répit de Saint-Hyacinthe! » lance avec humour M. Guay.
Apprenez-en plus dans l’édition de janvier 2017 du magazine GRAINS.