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S'abonner maintenantLes producteurs de maïs sucré de Neuville travaillent depuis cinq ans à une appellation visant à protéger leur produit contre l’usurpation, soit le faux maïs de Neuville vendu dans les marchés publics. Le cahier des charges est prêt, le certificateur est choisi; il ne manque que le sceau du ministre. Les agriculteurs se croyaient donc au bout de leurs démarches, mais ils viennent plutôt d’apprendre que Québec ne donnera pas une suite positive à celles-ci.
Les hautes instances gouvernementales craignent en effet que le fait de protéger le terme « blé d’Inde de Neuville » limite le droit des autres commerçants.
Exigences bureaucratiques
Les producteurs ont demandé de protéger le terme « maïs sucré de Neuville », mais aussi « maïs de Neuville », « blé d’Inde de Neuville » et « sweet corn of Neuville ». L’élément qui fait tergiverser Québec concerne justement les nombreuses déclinaisons de l’appellation, lesquelles pourraient limiter le droit des autres commerçants. Mais ces déclinaisons sont justement nécessaires, estime l’agriculteur Gaétan Gaudreau. « J’ai rencontré mon député. Il nous a dit que de protéger des noms similaires comme “blé d’Inde de Neuville”, ce n’était pas correct. Mais à quoi ça nous servirait de faire protéger le terme “maïs de Neuville” si quelqu’un a le droit d’utiliser le terme “blé d’Inde de Neuville” pour vendre du maïs qui ne vient pas de Neuville? Par chez nous, maïs ou blé d’Inde, ça veut dire la même affaire. On mange du maïs à des épluchettes de blé d’Inde », soulève M. Gaudreau, président de l’Association des producteurs de maïs sucré de Neuville.
Lorsque la Terre lui demande si ces exigences bureaucratiques le découragent, M. Gaudreau répond : « J’emploierais un autre mot, qui ne s’écrit pas dans un journal. »
« Je préfère demeurer poli, même si on pensait que c’était enfin fait [l’appellation]. Après toutes ces heures investies dans le processus, à organiser des rencontres, à écrire des courriels, à corriger ci, à corriger ça… On ne comprend pas le gouvernement », ajoute-t-il.
Idem pour le CARTV
Étonnamment, même l’organisme gouvernemental responsable des appellations, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), dit ne pas comprendre la décision du bureau du ministre de l’Agriculture. « Il apparaît clair pour le CARTV que protéger le terme “maïs de Neuville” revient aussi à protéger le terme “blé d’Inde de Neuville”. Autrement il risque d’y avoir confusion chez le consommateur et ce sera impossible de sanctionner», commente la directrice, Anne-Marie Granger Godbout.
La Terre a tenté de contacter le ministre Pierre Paradis à ce sujet, sans succès.