Actualités 19 août 2016

Trésors cachés dans les rangs : Laurentides

SAINT-EUSTACHE — La région des Laurentides doit beaucoup à un homme qui a été l’instigateur de son développement : le curé Labelle. La Terre a décidé de suivre ses traces. Le parcours débute au Moulin Légaré, à Saint-Eustache, non loin de son lieu de naissance.

Bien qu’il ait été mis en fonction en 1762, avant la naissance du curé Labelle (1833), le Moulin Légaré vaut le détour : c’est le plus vieux moulin mû par la seule force de l’eau toujours en fonction en Amérique du Nord! Il produit de la farine depuis 254 ans et profite, par conséquent, du titre de plus vieille industrie du Canada, toutes catégories confondues. « Sur le plan de la production, on fait de 30 à 40 tonnes de farine par année, tant de blé que de sarrasin », indique le meunier Martin Trudel. L’architecture de la pièce principale et la structure du bâtiment sont d’origine, explique-t-il, mais l’appareillage a évolué au cours du temps, par souci de compétitivité, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les équipements n’ont toutefois pas été modernisés depuis 1880 et le moulin produit de la farine comme il le faisait il y a 150 ans.

Fonctionnement

Une fois l’eau accumulée dans la chambre, le meunier actionne des volants afin de permettre l’ouverture d’une des trois turbines. « Une turbine pour la moulange à blé, une pour la moulange à sarrasin et une pour le nettoyeur à grains », énumère M. Trudel. En pénétrant dans la turbine, l’eau active des engrenages constitués de poulies et de courroies qui mettent à leur tour en marche les appareils de la pièce principale du moulin.

Les grains sont versés dans le réservoir de la moulange, puis tombent sur une rampe de bois et se faufilent entre deux pierres (meules). Ils sont alors moulus et transformés en farine. Cette dernière est acheminée au bluteau pour se faire tamiser (un bluteau par type de grains). À l’époque, le moulin produisait de la farine blanche, mais ne le fait plus en raison des pertes occasionnées. Le meilleur vendeur du moulin est d’ailleurs la farine à 85 %, qui se situe entre la blanche et l’intégrale. Quant à la farine de sarrasin, elle revient à la mode, mais les meuniers ont parfois de la difficulté à se procurer ce type de grains.

La relève du maître meunier

Lorsque Martin Trudel a commencé à travailler comme guide touristique il y a 11 ans, rien ne le destinait à prendre la relève du maître meunier Daniel Saint-Pierre, qui exerce le métier depuis près de 30 ans. « J’ai été son assistant plusieurs étés et, à la fin de mes études, alors que je commençais à me chercher de l’emploi dans mon domaine, Daniel a remarqué qu’on avait une bonne relation, qu’avec les années j’avais apprivoisé les moins beaux côtés du métier, et, surtout, que j’étais tolérant à la poussière de farine », explique le jeune meunier.

www.corporationdumoulinlegare.com

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Laurentides (3)
L’occupation du territoire par les agriculteurs canadiens-français était d’importance primordiale pour le curé Labelle.

Le curé Labelle : sa vie, son œuvre

Après avoir quitté Saint-Eustache, prenez l’autoroute 15 Nord pour atteindre le centre-ville de Saint-Jérôme. En 1868, M. Labelle a été nommé curé de cette agglomération. Entrez dans la cathédrale entre 9 h et 16 h pour y découvrir le parcours du « roi du Nord » et, conséquemment, l’histoire des premiers producteurs agricoles de la région. Le curé Labelle était un homme selon qui l’avenir du peuple canadien-français, dans les années 1870, reposait sur la colonisation et l’occupation des terres. Pater meus agricola, « mon père agriculteur », est la devise à laquelle il est toujours resté fidèle et qui a permis non seulement à la région laurentienne, mais également à la province entière, de devenir ce qu’on connaît aujourd’hui. Sous le gouvernement d’Honoré Mercier, le curé a contribué à plusieurs réalisations, notamment à la rédaction de la loi des cent acres, à la modernisation des terres agricoles et à la création de l’Ordre national du mérite agricole. 

www.vsj.ca/fr/attraits-culturels.aspx

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Laurentides (4)
Le Rassembleu est le premier fromage que Ronald Alary et sa famille ont lancé, en 2003.

Le meilleur fromage du Québec

Avant de continuer à marcher dans les pas du « roi du Nord », un détour par Sainte-Sophie est nécessaire. Ronald Alary, le propriétaire du magasin des Fromagiers de la table ronde, vous accueillera avec le sourire et vous fera goûter certains des meilleurs fromages certifiés biologiques du Québec. Le Ménestrel a, par exemple, remporté le Caseus Or en 2015, et le Rassembleu, un doux fromage bleu, est finaliste au concours cette année. Les fromages de l’entreprise sont fabriqués avec le lait du troupeau de la famille Alary, troupeau qui compte 65 vaches en lactation et qui produit 1 200 litres de lait par jour. L’achalandage local permet d’écouler de 40 à 45 % du stock de la fromagerie. C’est dire à quel point les Fromagiers de la table ronde sont appréciés dans la région laurentienne!

www.fromagiersdelatableronde.com

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Laurentides (5)
L’établissement se divise en deux sections, la boucherie et le restaurant.

Promenade et Têtes de cochon

SAINTE-ADÈLE — Une fois la colonisation et l’occupation des terres bien engagées, le curé Labelle s’est mis à rêver de relier Saint-Jérôme au Nord par voie ferrée. Il n’a hélas jamais su que son rêve était devenu réalité, puisqu’il est mort en 1891. Suivez le chemin de fer reliant Saint-Jérôme à Sainte-Agathe et arrêtez-vous à Sainte-Adèle pour vous restaurer. Les Têtes de cochon, c’est une boucherie et un restaurant dont les produits sont de provenance locale. La Terre a eu un coup de cœur pour la Poutine super cochon, constituée de pommes de terre grelots, de fromage Oka, de sauce bordelaise, de canard confit, d’épices à steak, d’échalotes et de parmesan. Pour digérer le tout, rendez-vous à pied au centre culturel du parc Claude-Henri Grignon et demandez le dépliant des murales des Pays-d’en-haut. Ce circuit d’environ une heure permet de voir, sur des murs, les œuvres d’artistes relatant l’histoire de la région, de l’époque des draveurs à celle de l’arrivée du chemin de fer et du cinéma. En vous aidant d’une application de lecture de codes QR sur téléphone intelligent, vous pourrez en apprendre beaucoup sur les 13 murales. 

lestetesdecochon.ca
www.laurentides.com/fr/belleshistoires-route/34

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Laurentides (1)
Palette de Bine a remporté plusieurs prix prestigieux en 2016.

Une chocolatière hors du commun

En 1909, la construction de la gare de Mont-Laurier est l’aboutissement de ce qui sera baptisé par la suite Le P’tit Train du Nord, le service ferroviaire auquel tenait tant le curé. Terminez la tournée en allant déguster une délicieuse tablette de chocolat chez Palette de Bine, au village de Mont-Tremblant. Si vous êtes un adepte du chocolat noir, vous serez comblé, surtout quand la propriétaire, Christine Blais, vous fera goûter le chocolat à l’érable grâce auquel elle a remporté la médaille d’or dans sa catégorie aux International Chocolate Awards de cette année. « Mon chocolat n’est pas du type de celui qu’on achète en épicerie et qu’on termine avant de s’être rendu à son véhicule, explique-t-elle. C’est un chocolat qu’on savoure. Il accompagne très bien une assiette de fromages, par exemple. » Christine Blais a décidé de quitter Montréal il y a deux ans pour ouvrir sa « fabrique de chocolat » dans l’environnement paisible de Tremblant. Le curé Labelle serait heureux de voir que la colonisation du Nord se perpétue… 

www.palettedebine.com