Actualités 8 juin 2016

À l’ère des capteurs-sondes

Depuis maintenant cinq générations sur la même terre, la famille Pion continue d’innover, de chercher et de trouver. Aux Serres Rosaire Pion & Fils, Dominic et sa soeur Caroline savent que les défis de la production ornementale en serre sont nombreux, mais ce sont des gens positifs et innovateurs, d’excellents gestionnaires qui n’ont pas peur de s’entourer de chercheurs comme Pierre Hegedus pour compléter leur équipe. Pierre est chargé de projets de recherche et développement et est responsable du laboratoire de propagation in vitro dans l’entreprise.

Le projet de capteurs-sondes a été réalisé récemment grâce au programme Innov’Action agroalimentaire du ministère québécois de l’Agriculture. Il a permis de mieux comprendre les possibilités qu’offrent ces outils dans un contexte de production en serre ornementale. Dans un complexe comme celui des Serres Rosaire Pion & Fils, qui emploient jusqu’à 128 travailleurs en période de pointe, il faut vivre avec les rotations de personnel et les perceptions de chacun quant aux besoins en eau des plantes. Les capteurs-sondes permettent d’éviter tout cela. Ils diminuent les risques d’erreur et sont très simples à utiliser, mais il faut toutefois savoir où les installer pour obtenir des résultats optimaux. Il faut aussi avoir assez de sondes pour que ces derniers soient probants.

« Surtout utilisés en pépinière et dans les champs, les capteurs-sondes le sont très peu lorsqu’il est question de production de plantes ornementales en serre, explique Pierre. Ils sont très utiles et c’est pourquoi nous en faisons usage maintenant. Ils nous disent quand arroser certaines cultures, si elles ont besoin d’eau ainsi que les quantités à ajouter. Il faut savoir qu’avant, chaque membre de nos équipes avait sa façon de mesurer les besoins en eau d’une plante, souvent en la pesant avec la main. Les capteurs-sondes nous offrent une mesure fixe, grâce à l’analyse de la tension électrique dans le sol. »

La sonde est reliée à un ordinateur. Celui-ci transmet l’information et fixe la valeur qui détermine quand arroser et quand arrêter. Les capteurs-sondes dans le sol enregistrent le degré d’humidité et envoient un message numérique : pas assez d’eau, trop, assez. « Si les capteurs-sondes sont très commodes sur de petites surfaces, par contre, sur une grande superficie, il en faut beaucoup, jusqu’à 350, tient à souligner Pierre Hegedus. De plus, ceux-ci sont fabriqués aux États-Unis. S’ils se détaillaient 50 $ l’unité, il n’y a pas si longtemps, leur prix excède maintenant 100 $ chacun. C’est beaucoup d’argent. »

« Pour optimiser les résultats, il en faut sur les bords de la table, au centre, au début et à la fin de celle-ci. » Pierre Hegedus explique que dans une serre, l’air ne circule pas uniformément et des problèmes peuvent apparaître à cause du chauffage sur certaines sections d’une table de production. Les capteurs-sondes permettent de solutionner ces problèmes en fournissant des données réelles relativement à leur positionnement et à leurs besoins en humidité à chaque endroit. C’est très précis comme indice de mesure.

Lors de l’installation, il faut ajouter du câblage électrique et enduire les capteurs-sondes d’une couche d’époxy afin de leur permettre de résister à la corrosion, sinon ils perdront de leur efficacité et les données s’en trouveront faussées.

« Les capteurs-sondes permettent une mesure exacte des besoins en eau d’une plante. Utilisés avec certaines cultures particulières et certaines plantes spécifiques, ils permettent une réelle économie de main-d’oeuvre », explique en terminant Dominic Pion.

 

Pierre Rhéaume