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S'abonner maintenantC’est la fin des vendanges au Vignoble Saint-Gabriel. Au champ, un bénévole s’affaire à enlever les filets. Il est au volant d’un tracteur Cockshutt de série 20, fabriqué au Canada au milieu des années 1950.
Ce trésor d’une autre époque n’est pas le seul à parcourir les champs du propriétaire de l’endroit, Paul Jodoin. Dans les deux immenses granges qui bordent la bâtisse principale se cache un véritable sanctuaire de tracteurs du siècle passé.
Fils d’un producteur, Paul Jodoin a toujours eu un faible pour les tracteurs. « Un jour, on a eu besoin d’un tracteur pour le vignoble. On en a trouvé un vieux, par hasard, et c’est là que j’ai commencé la collection, se souvient-il. Je m’étais dit que j’arrêterais d’en acheter quand j’en aurais 25, puis 50, puis 100, mais ça a continué. » Aujourd’hui, sa collection compte 120 tracteurs antiques, tous fonctionnels.
S’il possède des véhicules de toutes les grandes marques qui ont marqué l’histoire agricole nord-américaine, son coeur est aux tracteurs Cockshutt. « Quand j’étais jeune, mon voisin avait un Cockshutt et ça m’a toujours intrigué. Aujourd’hui, j’ai à peu près tous les modèles! » lance-t-il en rigolant.
Des centaines de curieux
Paul Jodoin ouvre les portes de sa collection aux visiteurs. Il s’agit du seul musée québécois de tracteurs antiques ouvert au public, dit-il. M. Jodoin estime qu’un visiteur sur deux vient d’abord pour voir sa collection. « Ensuite, il vient manger au vignoble et goûter nos vins. »
Richard Lamond, un mécanicien bénévole chargé de l’entretien des moteurs, aime bien discuter avec les visiteurs. « J’en apprends beaucoup sur l’histoire des tracteurs en jasant avec eux », souligne le passionné. Il navigue aussi plusieurs heures sur le Web pour trouver des solutions à ses problèmes mécaniques. « Une fois, j’ai cherché pendant 30 heures sur Internet pour réussir à faire fonctionner un moteur », raconte-t-il, visiblement fier.
Pour remettre un tracteur en marche, Paul Jodoin doit parfois en acheter deux, voire trois modèles identiques. « Malheureusement, en ce moment, le marché est complètement à terre », se désole le collectionneur, qui peut au moins réussir à trouver des trésors à bas prix dans les encans. Malgré son intérêt manifeste pour les antiquités agricoles, Paul Jodoin affirme sans détour que le vin demeure sa véritable passion. Au quotidien, il le répète comme un leitmotiv : « Le vin avant les tracteurs. » L’été prochain, il dévoilera tout de même aux visiteurs le deuxième étage d’une de ses granges, qui regorge d’anciens instruments aratoires.