Actualités 14 décembre 2015

La cuvée de vin de glace s’évapore

À cause du temps doux qui perdure, les raisins laissés sur les vignes pour produire le vin de glace sèchent de plus en plus et la récolte pourrait être sérieusement réduite.

« Il y a deux genres de problèmes. Le raisin se déshydrate de plus en plus et avec le temps chaud et pluvieux, la pourriture peut arriver », affirme Yvan Quirion, président de l’Association des vignerons du Québec (AVQ), dont le vignoble est situé à Saint-Jacques-le-Mineur.

Pour respecter la certification Vin de glace du Québec, les vignerons doivent attendre qu’il fasse -8 °C avant de presser le raisin. Or, aucun froid de cette nature n’est en vue.

« La plupart de mes collègues n’en ont pas gardé beaucoup [de raisin pour le vin de glace] cette année », mentionne cependant Yvan Quirion. Cette baisse de production s’explique par une très bonne année en 2011 et une diminution de la demande. C’est donc une chance pour une année aussi difficile. Parallèlement, la demande en vin tranquille et en vin effervescent augmente beaucoup plus rapidement. « Si ça dure, plusieurs vont faire le choix de produire du vin de vendanges tardives », estime le président de l’AVQ. Pour cela, on doit avoir un gel de -4 °C, ce qui permet d’obtenir un très bon vin liquoreux.

« Je ne panique pas; le raisin est encore beau », avance Jean Joly, copropriétaire du Vignoble du marathonien à Havelock. M. Joly, l’un des vétérans du vin de glace au Québec depuis 20 ans, va attendre encore jusqu’au début janvier. Si le temps chaud persiste, la récolte passera en vendange tardive pour éviter les risques.

M. Joly estime que les raisins ont déjà perdu le volume qu’ils perdent habituellement au moment de la récolte pour le vin de glace. « En Ontario, il fait au moins 4 °C de plus qu’ici. Ils ne sont pas sortis du bois », fait valoir le vigneron qui garde son optimisme pour l’instant.