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S'abonner maintenantSécurité alimentaire. Reconnaissance du travail des agriculteurs. Défense de la gestion de l’offre. Mise en valeur du caractère distinct de l’agriculture québécoise.
Gabriel Ste-Marie, le candidat du Bloc québécois dans Joliette, souhaite « aller porter les dossiers » des producteurs agricoles québécois à Ottawa s’il est élu le 19 octobre. Son chef, Gilles Duceppe, l’envoie d’ailleurs dans la mêlée quand il s’agit de commenter l’actualité agricole.
L’économiste âgé de 35 ans aime rappeler qu’il est « un gars de la place ». Il a grandi dans un environnement à forte concentration agricole, ce qui lui permet, dit-il, de bien connaître la réalité des producteurs locaux, qui ont vu la valeur de leurs terres augmenter sous la pression des spéculateurs.
« Au Bloc québécois, explique-t-il en entrevue à la Terre, on prône la sécurité alimentaire. Il y a aussi la protection du territoire et le zonage agricole. Il faut donner un coup de pouce à la relève dans nos fermes. »
Et il se fait le porte-parole des producteurs laitiers québécois, qui s’attendent à ce que le premier ministre Stephen Harper ne cède pas un pouce sur le terrain glissant du libre commerce dans la zone Asie-Pacifique.
Avec une pointe d’ironie, Gabriel Ste-Marie ajoute : « Quand on sait tous les produits qu’ils mettent dans le lait produit aux États-Unis… »
Les intérêts du Québec
Gabriel Ste-Marie est bien conscient que la campagne sera longue et qu’il lui faudra convaincre les indécis. La barre est haute : avant lui, pour le Bloc québécois, c’est le député Pierre Paquette qui a représenté Joliette. Cette fois, la députée sortante du NPD, Francine Raynault, n’est pas de la course.
« Mes adversaires n’ont pas de connaissance de l’agriculture », lance le professeur au cégep de Joliette, qui agit également comme chargé de cours à l’UQAM, en plus de faire de la recherche pour l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC).
Le candidat maintient que le Bloc québécois a la capacité de faire entendre la voix des agriculteurs à Ottawa. Il en profite pour écorcher au passage le gouvernement conservateur. « Je ne vois pas ce qu’il a fait de bon pour l’agriculture », assène-t-il.
Mais il continue de craindre que le Québec soit de nouveau pénalisé – comme ç’a été le cas avec les fromages fins lors de l’accord Canada-Europe – si un accord commercial avec les 12 pays de la zone Asie-Pacifique survient en pleine campagne électorale.
« Il ne faudrait pas, soumet-il, que la gestion de l’offre soit sacrifiée au profit d’une entente qui favoriserait le secteur de l’automobile, concentré en Ontario. »
Faut-il comprendre que le Bloc québécois serait la seule voix crédible pour parler au nom des producteurs d’ici? Le candidat économiste, qui ne manque pas de confiance en ses moyens, croit que oui.