Grains 16 juillet 2026

L’énigme du maïs en Amérique du Nord

Le 30 juin, le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) et Statistique Canada ont publié leurs estimations finales des superficies ensemencées. Ces données étaient particulièrement attendues, puisque les intentions d’ensemencement publiées en mars dernier soulevaient certains doutes. Le prix élevé des engrais azotés lié à la guerre en Iran aurait pu inciter les producteurs à réduire les superficies de maïs, une plante exigeante en azote. Or, les enquêtes avaient été réalisées soit avant ou au tout début du conflit.

Aux États-Unis, l’USDA a laissé les superficies du maïs pratiquement intactes par rapport aux intentions d’ensemencement, avec une légère baisse de 0,01 million d’acres (Ma) à 95,34 Ma. Toutefois, les superficies de soya ont été relevées de 0,67 Ma, à 85,37 Ma, tandis que celles de blé ont été abaissées de 1,04 Ma, à 42,74 Ma. Ainsi, le conflit en Iran ne semble pas avoir eu d’incidence sur l’offre de maïs aux États-Unis.

Au Québec, comparativement aux données de mars dernier, Statistique Canada a rehaussé les superficies de 8 500 hectares (ha) pour le soya et de 23 900 ha pour le maïs, tandis que celles de blé ont reculé de 5 800 ha. Non seulement les superficies de maïs n’ont pas été réduites, mais elles ont même fortement augmenté. Une première explication réside dans le niveau élevé des bases au Québec, qui se rapproche fortement de la valeur de remplacement, soutenant ainsi les prix. Une autre explication proviendrait du blé d’automne. Le taux de survie de cette céréale s’est établi à 75 % cette année, comparativement à 84 % au cours des dix dernières années. Cette mortalité hivernale élevée, combinée à une hausse de 86 % des superficies semées à l’automne – un niveau record au Québec – a éliminé 16 000 ha, contre 3 751 ha en moyenne depuis dix ans. Autrement dit, les producteurs se sont retrouvés avec des superficies supplémentaires à ensemencer, possiblement en maïs. Enfin, la baisse des superficies de foin cultivé, en recul de 38 300 ha cette année, a également libéré des terres pour d’autres cultures, dont le maïs.

Dans ce contexte, la situation du maïs au Québec risque donc de passer d’un niveau déficitaire à un niveau d’équilibre. Ce scénario dépendra du rendement, et donc des conditions météo au cours de l’été.