Le sylvopastoralisme et l’utilisation des arbres comme source de fourrage attirent de plus en plus l’attention de la recherche et des productrices et producteurs agricoles. Photo : Adrien Messéan
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S'abonner maintenantQuand la croissance de l’herbe ralentit sous la chaleur de l’été, les arbres, eux, continuent de produire. C’est pourquoi le sylvopastoralisme et l’utilisation des arbres comme source de fourrage attirent de plus en plus l’attention de la recherche et des productrices et producteurs agricoles.
Le sylvopastoralisme, c’est simplement le fait d’intégrer des arbres et des animaux dans un même espace de pâturage. Au-delà de leurs bénéfices pour l’environnement et le bien-être des animaux au pâturage, les arbres peuvent aussi nourrir directement les animaux.
L’utilisation des arbres comme fourrage était autrefois une pratique répandue dans plusieurs régions du monde, avant de disparaître avec la mécanisation et l’industrialisation de l’agriculture. Aujourd’hui, cette pratique suscite un regain d’intérêt pour une raison simple : les arbres continuent de produire de la biomasse dans des conditions de sécheresse lorsque les prairies présentent une baisse de productivité.
Grâce à leur enracinement profond, les arbres peuvent accéder à l’eau et aux nutriments en profondeur. Ainsi, ils tolèrent mieux les sécheresses.
Les résultats préliminaires au Québec ont démontré, en 2025, que les fourrages ligneux n’ont pas à rougir face à leurs collègues herbacés :
- les fourrages ligneux ont une valeur énergétique comparable aux fourrages herbacés;
- leur teneur en protéines rivalise avec une première coupe de prairie;
- leur digestibilité demeure intéressante tout au long de l’été.
Pour les productrices et les producteurs, cela peut représenter une source de fourrage complémentaire en été. Dans un contexte de changement climatique, cela en fait une piste sérieuse pour stabiliser l’approvisionnement en fourrages.
Malgré son potentiel, le sylvopastoralisme n’en est encore qu’à ses débuts en contexte québécois, et les questions sont nombreuses. Quelles espèces sont les mieux adaptées à chaque région? Dans quel type d’élevage sont-elles les plus bénéfiques? Quels rendements peut-on réellement atteindre? Quelles espèces peuvent être consommées sans risque par les animaux?
Face aux défis climatiques, les pratiques agricoles évoluent, parfois en revisitant des approches plus anciennes, enrichies par la recherche actuelle. Le sylvopastoralisme s’inscrit dans cette logique – on dépasse une simple pratique pour s’inscrire dans une approche globale du vivant.
C’est précisément là que le lien avec l’agriculture régénératrice devient évident. Produire, oui, mais en améliorant les écosystèmes, en redonnant au paysage toute sa complexité et, ainsi, renforcer la résilience des fermes.