Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantDans une société où tout va toujours plus vite, on parle souvent des bienfaits de l’activité physique, de la méditation ou du temps passé en nature pour préserver notre santé mentale. Toutefois, un autre allié du bien-être est présent quotidiennement dans plusieurs fermes : le contact avec les animaux.
Les recherches scientifiques sont de plus en plus nombreuses à démontrer que la présence d’animaux contribue à réduire le stress, l’anxiété et même certains symptômes liés à la dépression. Caresser un animal ou passer du temps à ses côtés favorise la diminution du cortisol, l’hormone associée au stress, tout en stimulant la production d’ocytocine, surnommée « l’hormone du bonheur ».
Pour plusieurs personnes vivant en milieu urbain, ces interactions se limitent souvent à un chien ou à un chat. En milieu agricole, les occasions sont beaucoup plus nombreuses. Les moments passés à soigner les vaches, à surveiller le troupeau au pâturage ou simplement à observer le comportement des animaux créent un lien particulier avec le vivant. Bien sûr, personne ne prétendra que les animaux de ferme ne demandent pas de travail. Les vêlages nocturnes et les urgences vétérinaires rappellent rapidement les exigences du métier. Malgré cela, plusieurs producteurs et productrices témoignent du sentiment d’apaisement que leur procure la présence des animaux. Après une journée difficile, il n’est pas rare qu’une simple tournée d’étable permette de retrouver un certain équilibre ou un sentiment de bien-être.
Cette relation est particulièrement importante dans un contexte où les producteurs agricoles font face à de nombreux défis. Les fluctuations des marchés, les conditions météorologiques imprévisibles, les préoccupations financières et la charge de travail élevée peuvent générer une pression considérable. Le contact quotidien avec les animaux devient alors un point d’ancrage. Il aide à demeurer connecté à l’essentiel et à trouver un sens à ce métier.
Les bénéfices touchent aussi les enfants. Grandir à la ferme leur permet de développer très tôt le sens des responsabilités, l’empathie et le respect envers les êtres vivants. Participer aux soins des animaux leur permet également de mieux comprendre les cycles de la vie et l’importance du travail bien fait. Ces apprentissages, difficiles à reproduire ailleurs, constituent une richesse précieuse du milieu agricole. Le contact animal favorise aussi l’observation. Les « expérimentés » savent qu’un animal « qui n’agit pas comme d’habitude » envoie souvent un signal à ne pas négliger. Cette attention constante au comportement du troupeau aiguise une sensibilité et une capacité d’écoute qui dépassent parfois le simple cadre de la production.
À une époque où l’on parle beaucoup de technologies, d’automatisation et d’intelligence artificielle, il est bon de se rappeler que l’agriculture demeure avant tout une profession profondément humaine. Derrière chaque ferme se tisse une relation quotidienne entre des hommes, des femmes et des animaux, dépendants les uns des autres. Peut-être est-ce là l’un des plus grands privilèges du métier? Malgré les défis, les longues heures de travail et les imprévus, les producteurs agricoles ont accès chaque jour à un contact authentique avec le vivant. Un privilège qui, sans faire disparaître les difficultés, contribue certainement à rendre le quotidien un peu plus riche et un peu plus serein.
Il est où, le bien-être? Il se révèle parfois simplement dans le regard curieux d’un veau, le ronronnement d’un chat de grange ou la présence rassurante d’un troupeau. Ils nous rappellent pourquoi nous avons choisi ce mode de vie.
Besoin d’aide?
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected].