Veau Jersey croisé Blanc Bleu Belge. Photo : Jarold Dumouchel
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S'abonner maintenantEn novembre 2024, le cahier Bovins du Québec présentait un article intitulé « Un croisement qui fait la différence », faisant état de l’évolution de l’utilisation de semence de taureau de boucherie en production laitière. Depuis, la pression sur le marché bovin s’est accrue et le prix des veaux laitiers n’a cessé d’augmenter. Le pourcentage de veaux laitiers croisés boucherie dans les encans du Québec a d’ailleurs doublé dans les dernières années, passant de 29 % en 2020 à 60 % en 2025. avec un bon potentiel génétique.
Bien qu’une majorité des 186 000 veaux laitiers vendus en 2025 correspondent soit aux besoins de la filière veau, soit à ceux de la filière bœuf, certains veaux ne se retrouvent dans aucune de ces catégories. Afin de permettre aux acheteurs de produire des lots uniformes, il est important de choisir une race de taureau largement utilisée.

Filière bœuf : Le croisement d’une vache Holstein et d’un taureau de race Angus performant est toujours le choix le plus avantageux en raison de la forte demande provenant des parcs d’engraissement. Une majorité des veaux Holstein croisés Angus sont engraissés en bouvillons, en dehors de la province. Le veau recherché doit permettre de produire une viande persillée.
Filière veau : Les veaux de race pure Holstein correspondent au produit de base, mais les veaux laitiers croisés et les veaux de race autre que Holstein permettent de combler une partie de la demande. Le veau recherché doit produire une viande maigre.
Les veaux issus des races Jersey, Ayrshire et Suisse Brune ne sont généralement pas recherchés par les producteurs de bouvillons en raison de leur plus faible abondance sur le marché, ce qui rend le regroupement par lot difficile. Les veaux croisés issus de ces races sont en très forte proportion achetés par les producteurs de veau lourd (veau de lait et veau de grain), d’où l’intérêt de leur fournir un croisement adéquat, comme c’est le cas avec la race Blanc Bleu Belge (BBB).
Angus vs Blanc Bleu Belge
Le croisement d’un taureau Blanc Bleu Belge et d’une vache laitière permet de produire une viande plus maigre que le croisement avec Angus. Le rendement en viande est également supérieur en raison d’un meilleur potentiel de croissance provenant du taureau. La forte croissance des veaux BBB permet de contrebalancer le petit gabarit de la race laitière et de rendre les veaux plus attrayants pour les acheteurs. Ainsi, les veaux issus du croisement avec BBB répondent mieux aux besoins de l’industrie de la viande de veau, qui valorise davantage le rendement en viande maigre que le persillage. Par ailleurs, comme la race Angus dépose naturellement plus de gras dorsal et intramusculaire que la race BBB, ce croisement est moins intéressant pour les abattoirs de veau puisqu’il produit une viande qui diffère de façon importante du produit standard offert au consommateur.
Croisement avec BBB : des inquiétudes fondées?
En raison de la carrure impressionnante des animaux de race pure Blanc Bleu Belge, il existe une certaine réticence à inséminer une vache laitière avec de la semence de taureau BBB. Il est vrai que certaines précautions sont de mise :
Éviter ce croisement sur les vaches qui ont un historique de dystocie (vêlage difficile);
En raison du manque de connaissance au sujet de l’insémination de taures avec la semence de taureaux BBB, il est préférable d’effectuer ce type de croisement sur les vaches ayant déjà eu au moins un veau;

Choisir un taureau permettant une forte croissance, mais un écart prévu chez la descendance (ÉPD) de poids à la naissance faible et un ÉPD de facilité de vêlage élevé. En moyenne, les veaux seront donc légers à la naissance, mais auront un gain important durant les 8 jours minimum passés à la ferme avant la vente. Votre conseiller en reproduction pourra vous accompagner dans le choix de taureau idéal en croisement.
Selon le comité Herd-Book Blanc Bleu Belge, la proportion de césariennes chez les vaches Holstein varie selon le taureau choisi. En utilisant la semence d’un taureau qui a une évaluation pour la facilité de vêlage élevée, on réduit le risque de difficulté à la mise bas pour la vache.
Il est toutefois important de noter que bien que les veaux BBB croisés ont une forte musculature, ils ne présentent pas d’hypertrophie musculaire (phénotype associé au gène culard). Ils naissent élancés et leur musculature se développe de façon qu’elle soit plus apparente vers 10 jours de vie.
En élevage de Blanc Bleu Belge pur, la césarienne est une intervention planifiée et couramment pratiquée en raison de l’hypertrophie musculaire de la mère et non en raison de la taille du veau à la naissance.
Le croisement BBB avec la race Suisse Brune présente également une conformation intéressante pour les producteurs de veaux lourds. Les variantes dans la couleur de la robe de ces veaux peuvent rendre l’identification visuelle difficile lors de l’achat, mais ils présentent l’allure recherchée par les producteurs de veaux de grain et sont donc bien valorisés.
Un projet rassembleur
Une série de capsules a été produite en collaboration avec Jersey Québec et le Centre d’insémination artificielle du Québec. Des témoignages de producteurs de lait, de producteurs de veaux de grain et de conseillers en reproduction mettent en lumière les avantages du croisement entre une vache Jersey et un taureau Blanc Bleu Belge. Les capsules Parlons vêlage, Le marché et Soins du veau, ainsi que d’autres outils sur le sujet, sont disponibles sur le site Web des PBQ.
Qu’en est-il de la vente directe aux consommateurs?
Les producteurs de lait qui mettent en marché la viande de leurs veaux laitiers croisés boucherie peuvent toutefois avoir des orientations différentes que ce qui a été mentionné ci-dessus. Le choix de race peut alors être basé sur des orientations spécifiques au marché visé. À l’encan, les races ayant une croissance plus lente ou un faible rendement en viande, comme Wagyu, Hereford, Highland, etc., sont toutefois moins bien valorisées puisqu’elles ne permettent pas de produire des lots uniformes et peuvent entraîner des coûts d’engraissement supplémentaires pour les acheteurs.
Du côté financier, l’avantage d’utiliser un BBB est indéniable avec un croisement Jersey. Si les éleveurs Jersey veulent développer un marché stable pour les veaux issus d’un croisement de boucherie, il est préférable de produire les veaux que demande la filière veau lourd et pour ça, le croisement idéal est avec un taureau BBB bien choisi.

*Extrait de la série Obtenez-en plus pour vos veaux croisés, un partenariat entre Jersey Québec et les Producteurs de bovins du Québec, disponible sur le site Web des PBQ.