Grains 8 mai 2026

Les intentions d’ensemencement

Le printemps pointe tranquillement le bout de son nez. L’intérêt des marchés se détourne progressivement de l’ancienne récolte vers la nouvelle, alors que celle-ci s’apprête à être semée. Les différentes institutions gouvernementales ont publié leurs intentions d’ensemencement, lesquelles constituent une base pour les marchés en 2026.

Aux États-Unis

Les superficies ensemencées devraient diminuer de 3,5 % pour le maïs et de 3,4 % pour le blé par rapport à l’an passé, tandis que celles consacrées au soya devraient ­augmenter de 4,3 %. Bien que les superficies de maïs reculent cette année, elles n’en demeurent pas moins très élevées, puisqu’elles avaient atteint un sommet historique en 2025, les plus élevées depuis 1936. 

La remontée des superficies de soya permet de revenir à la moyenne des 10 dernières années après une baisse marquée l’an passé sur fond de tension avec la Chine. Or, ces différends avec la Chine demeurent plus que jamais d’actualité.

Les superficies de blé seraient les plus faibles depuis 1919, le début de la compilation des données. Cette perte de popularité s’explique principalement par une diminution des superficies de blé de printemps de 5,8 % et de blé durum de 10,8 %, tandis que celles de blé d’automne ont reculé de 2,2 %.

Au Québec et au Canada

Au Québec, les superficies ensemencées par rapport à l’année passée ont diminué de 5 % pour le soya, de 1,5 % pour le maïs, de 30,2 % pour l’orge et de 6,2 % pour le canola. À l’inverse, elles ont augmenté de 31,9 % pour le blé, de 5,1 % pour l’avoine et de 20,9 % pour le seigle. Les résultats du blé et du seigle étaient prévisibles, étant donné les superficies records en céréales d’automne pour ces deux cultures dévoilées en décembre passé. Les superficies d’orge, quant à elles, sont les plus faibles depuis 1977, devenant ainsi inférieures à celles de seigle, désormais la 6e culture de grains en importance au Québec. 

En Ontario, le portrait est très différent avec une hausse de 5,4 % pour le maïs et de 0,2 % pour le soya au détriment des céréales et du canola. Au Canada, les superficies ont été réduites de 1,1 % pour le blé au profit du canola, tandis que celles d’avoine ont reculé de 3,1 %.

Et l’incidence des engrais?

Les engrais azotés se sont fortement appréciés depuis le conflit en Iran, ce qui pourrait influencer les choix de cultures des producteurs. Toutefois, les enquêtes effectuées auprès des producteurs américains et canadiens ne permettent pas de refléter cette situation, celle du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) ayant été réalisée au cours des deux premières semaines de mars et celle de Statistique Canada, du 12 décembre 2025 au 16 janvier 2026.

Néanmoins, il est peu probable que ce contexte entraîne des modi­fications significatives des ensemencements en Amérique du Nord, la saison étant déjà trop avancée. Les semences sont pour la plupart achetées et les options de rechange sont présentement limitées. Il serait alors étonnant d’observer de grandes variations lors de la mise à jour de ces ­données, qui est prévue à la fin juin.