Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock
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S'abonner maintenantDans nos campagnes, où les rangs de gravelle croisent les vastes champs, il y a une richesse qu’on ne voit pas dans les chiffres : la générosité de notre communauté agricole. Une générosité discrète, ancrée dans le quotidien, dans les bottes pleines de vase et les mains usées par l’ouvrage.
Le monde agricole au Québec, c’est du monde de cœur. Des gens qui se lèvent tôt, se couchent tard et trouvent encore le moyen de donner au suivant. Il n’est pas rare de voir un voisin débarquer avec son tracteur quand un autre est dans le trouble. Une récolte à finir avant la pluie? Pas de panique, le renfort arrive, et ensemble, ça roule. Personne ne demande rien en retour. On appelle ça « se donner un coup de main », et ça vaut de l’or. Les travailleuses de rang peuvent en témoigner : des producteurs les ont déjà sorties de situations complexes avec leur voiture!
Il y a aussi de ces gestes dont on parle moins, mais qui font toute la différence. Des producteurs laitiers qui donnent du lait à des organismes locaux. Des maraîchers qui permettent à des gens de cueillir gratuitement les légumes restants en fin de saison. Parce qu’ils savent que ça peut aider une famille à passer à travers un bout plus difficile. Et c’est sans compter les boîtes de légumes données discrètement à des voisins âgés ou à des familles de nouveaux arrivants. Quand survient un pépin, une vraie bad luck, on voit la solidarité agricole dans toute sa force. Une grange qui passe au feu? Le téléphone s’active. Rapidement, un groupe s’organise pour prêter de l’équipement, donner du foin ou héberger des animaux. Il y a même parfois des collectes de fonds improvisées. Tout le monde met la main à la pâte, parce qu’au fond, chacun sait que ça pourrait être n’importe lequel d’entre eux.
On oublie souvent les agricultrices qui jouent un rôle indispensable dans cette chaîne de générosité. Elles gèrent, elles travaillent à la ferme, elles s’occupent de la famille, et elles trouvent encore le moyen de s’impliquer dans la communauté. Que ce soit en organisant des activités de financement ou en préparant des repas pour des événements locaux, elles sont au cœur de ce tissu social. La générosité ne passe pas seulement par le matériel, elle passe aussi par le partage des connaissances. Un jeune qui veut se lancer en agriculture? Il trouvera toujours quelqu’un pour lui montrer comment réparer une clôture, lire la météo ou prendre soin de ses bêtes. Ce savoir-là se transmet et se donne avec fierté.
Même dans les moments plus pénibles – baisse des prix, saisons imprévisibles – nos agriculteurs gardent cette habitude d’aider. Parce que c’est dans leur ADN… Parce qu’ils savent que la terre se travaille mieux quand on est solidaires. Il faut le dire haut et fort : sans eux, non seulement on ne mangerait pas grand-chose, mais on ne vivrait pas dans la même société. Leur générosité dépasse les champs. Elle nourrit des communautés entières, crée des liens et bâtit des gens plus forts.
Alors la prochaine fois que vous croisez un producteur ou une productrice au marché public, ou que vous passez devant une ferme, prenez une seconde pour y penser. Derrière chaque récolte, chaque litre de lait, chaque panier de légumes, il y a du travail, mais il y a surtout du cœur. Et ça, ce n’est pas achetable. Un merci sans fin à nos agriculteurs et agricultrices. Pour tout ce que vous faites, souvent sans qu’on le voie. Votre générosité fait pousser bien plus que des patates : elle fait pousser une société qui se tient debout, ensemble.
Besoin d’aide?
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected].