Machinerie 10 avril 2026

De bonnes machines pour du bon foin

La production de fourrage demande connaissances et rigueur de la part du producteur. Disposer des équipements appropriés peut aussi faire la différence entre la récolte et l’entreposage d’un foin de qualité supérieure, on non. Les manufacturiers proposent une gamme étendue d’équipements capables d’optimiser vos rendements, tout en vous facilitant la vie. Nous nous sommes entretenus avec certains de leurs représentants, qui nous ont parlé de quelques-unes de leurs machines qui se démarquent.

Chaque balle qui sort de la presse, qu’elle soit ronde ou carrée, peut être dotée d’une micropuce installée sur la corde d’emballage, afin d’en permettre la traçabilité. Photo : Gracieuseté de Jonathan Noiseux, AGCO Corporation
Chaque balle qui sort de la presse, qu’elle soit ronde ou carrée, peut être dotée d’une micropuce installée sur la corde d’emballage, afin d’en permettre la traçabilité. Photo : Gracieuseté de Jonathan Noiseux, AGCO Corporation

Le lit de semences, c’est un peu comme notre matelas. Sa qualité détermine en bonne partie celle de notre sommeil. Mais comme pour le matelas, nous avons souvent tendance à le négliger. « L’établissement, c’est toujours une place où on s’enfarge », observe Germain Lefebvre, spécialiste des fourrages chez Novations AGL. Il faut porter une attention particulière à la préparation du sol avant d’y déposer une quantité de semences suffisante et uniforme sur l’ensemble de la surface du champ, dit-il. « Ça veut dire qu’il faut de bons équipements, bien ajustés, souligne l’expert. Ça n’a pas besoin d’être des machines hors de prix, mais il faut qu’elles soient conçues pour le travail qu’on leur demande de faire. »

Les manufacturiers disposent à peu près tous de machines capables de réaliser un lit de semences de qualité. Güttler propose pour sa part son rouleau emblématique, le Green­Master, qui combine un semoir pneumatique de fabrication suisse, et auquel peut s’ajouter un peigne, pour une préparation complète du terrain et son ensemencement en un seul passage. « Le peigne vient gratter le sol, la semence est soufflée au sol par le semoir pneumatique, et le rouleau suit pour optimiser le contact de la graine avec la terre », explique Philippe Ruf, de chez PMI-Ag, distributeur de la marque. Le GreenMaster peut atteindre 40 pieds de large. Chacun de ses rouleaux génère 305 points de contact avec le sol au mètre carré. 

L’andaineur à tapis fait son entrée au catalogue de Kubota Canada, ce printemps. Cet équipement haut de gamme permet la mise en andains d’un foin exempt de contaminants. Photo : Gracieuseté de Jean-Sébastien Pettigrew, Kubota Canada
L’andaineur à tapis fait son entrée au catalogue de Kubota Canada, ce printemps. Cet équipement haut de gamme permet la mise en andains d’un foin exempt de contaminants. Photo : Gracieuseté de Jean-Sébastien Pettigrew, Kubota Canada

Pour les prairies davantage encombrées de résidus végétaux ou en compaction, PMI-Ag propose l’Agriseeder, de la firme irlandaise Erth. Lui aussi prépare le terrain, en plus de l’ensemencer à l’aide d’un semoir pneumatique. « La machine soulève la prairie délicatement, et la redépose sans la défaire, pour une perturbation minimale, précise l’expert de PMI-Ag. L’aérateur fait des microfissures qui favorise l’oxygénation du sol. » L’appareil, aussi efficace dans les implantations nouvelles qu’en sursemis, se compose de trois sections de disques de 4,5 pouces de diamètre, entièrement indépendantes l’une de l’autre. « On appelle ça l’autocontour, indique Philippe Ruf. Il n’y a pas de sections qui va travailler plus profond si je monte une bosse, par exemple. On obtient l’uniformité en termes de profondeurs. »

New Holland poursuit le même objectif avec son semoir P2185, qui sert également à préparer un lit de semences optimal. « Cet équipement donne beaucoup de flexibilité à l’opérateur, soutient Rémi Bolduc, spécialiste produit chez Terapro. Il suit le terrain et offre une bonne préparation du sol. Que ce soit du maïs, du soya ou du fourrage, on veut à peu près toujours le même résultat : un sol travaillé à une certaine profondeur, qui va permettre de le réchauffer au printemps, de l’oxygéner, pour créer un environnement idéal pour la germination de la graine. »

Pour les prairies davantage encombrées de résidus végétaux ou en compaction, PMI-Ag propose l’Agriseeder, de la firme irlandaise Erth. Lui aussi prépare le terrain, en plus de l’ensemencer à l’aide d’un semoir pneumatique. Photo : Gracieuseté de Philippe Ruf, PMI-Ag
Pour les prairies davantage encombrées de résidus végétaux ou en compaction, PMI-Ag propose l’Agriseeder, de la firme irlandaise Erth. Lui aussi prépare le terrain, en plus de l’ensemencer à l’aide d’un semoir pneumatique. Photo : Gracieuseté de Philippe Ruf, PMI-Ag

Quand le foin arrive à point

La fenaison et la mise en andains représentent une autre étape importante pour la qualité des fourrages. Le foin doit sécher vite et bien. Ici, les technologies foisonnent. Kubota introduit ce printemps un andaineur à tapis, un équipement haut de gamme qui pourrait séduire les producteurs laitiers, particulièrement soucieux d’obtenir un foin nutritif, exempt de poussière et de cailloux. « Les dents du ramasseur sont spécialement conçues pour relever la récolte, la ramener délicatement sur le tapis, sans briser les feuilles. C’est notamment intéressant pour la luzerne, dit Jean-Sébastien Pettigrew, de Kubota Canada. La qualité de la luzerne se dégrade en effet rapidement avec la perte de feuilles. L’andaineur à tapis présente aussi l’intérêt de regrouper une grande quantité d’andains pour favoriser le séchage du foin. « L’andaineur à tapis, c’est la machine qui permet de regrouper le plus d’andains ensemble, soutient M. Pettigrew. La hauteur de l’andain va varier avec la vitesse d’avancement de la courroie. »

Analyse en temps réel et traçabilité

À ces avancées mécaniques, la technologie s’ajoute et contribue à la régie efficace des récoltes. « Nos machines peuvent être équipées d’un ordinateur de bord qui fait l’analyse complète du foin qui entre dans la machine », explique Jonathan Noiseux, de chez AGCO, distributeur des marques Massey Ferguson et Fendt. Toutes les propriétés du fourrage sont analysées, dont son taux d’humidité. « On est capable d’avoir la quantité et la qualité du foin et l’endroit précis d’où il provient, souligne M. Noiseux. On va même avoir le poids, la longueur des balles, et le nombre de galettes qu’elles contiennent, transmis sur notre téléphone grâce à une simple application, ajoute-t-il.

La technologie NutriSense de New Holland fait la lecture en temps réel de la valeur nutritive du foin qui entre dans la fourragère à ensilage, qu’elle soit automotrice ou traînée. Photo : Gracieuseté de New Holland
La technologie NutriSense de New Holland fait la lecture en temps réel de la valeur nutritive du foin qui entre dans la fourragère à ensilage, qu’elle soit automotrice ou traînée. Photo : Gracieuseté de New Holland

Plus encore, chaque balle qui sort de la presse, qu’elle soit ronde ou carrée, peut être dotée d’une micropuce installée sur la corde d’emballage, afin d’en permettre la traçabilité. « Chaque balle possède son identité, explique M. Noiseux. Imaginez que vous avez 150 balles au sol. Une fois qu’elles sont ramassées, on ne sait plus quelle balle est laquelle, ni l’endroit exact où on l’a récoltée. Si on a des balles situées le long d’une route où il a un petit peu moins séché, par exemple, son taux d’humidité peut être un peu plus élevé que les autres balles du champ. La puce permet de la repérer, une fois entreposée. » 

New Holland propose également son système d’analyse en temps réel du foin qui entre dans sa fourragère à ensilage, qu’elle soit automotrice ou traînée. La technologie NutriSense fait l’analyse des qualités nutritives du foin grâce à une lumière infrarouge, au fur et à mesure qu’il pénètre dans la machine. « C’est le même principe qu’en épicerie, avec le petit rectangle qui indique les valeurs nutritives des produits. On a la teneur en protéines, les fibres, la matière grasse, la quantité de sucre, etc. », explique Rémi Bolduc, de Terapro. Une fois captée, l’information peut aisément se partager avec le nutritionniste qui prépare les rations des animaux. « Dans le lait, par exemple, une vache, c’est un athlète dont il faut prendre soin si on veut qu’elle donne les meilleurs résultats, rappelle Rémi Bolduc. Avec une alimentation optimisée, on peut réduire le nombre de tête dans le troupeau, tout en maintenant la production de lait stable, et même l’augmenter. Ça permet au producteur d’accroître sa marge de profits », souligne le représentant, qui ajoute qu’une technologie de mesure de l’humidité est également disponible pour le foin sec. Le système IntelliSense consiste en un ensemble de ­caméras installées sur la cabine du tracteur qui analyse le rang de foin, en plus de planifier l’entrée de la matière dans la presse.

Les presses à grosses balles carrées ou à balles rondes Massey Feguson peuvent être équipées d’un ordinateur de bord qui fait l’analyse du foin qui entre dans la machine. Cette technologie permet aussi de repérer l’endroit exact de la récolte grâce à une micropuce installée automatiquement sur la corde d’assemblage de la balle. Photo : Gracieuseté de Jonathan Noiseux, AGCO Corporation
Les presses à grosses balles carrées ou à balles rondes Massey Feguson peuvent être équipées d’un ordinateur de bord qui fait l’analyse du foin qui entre dans la machine. Cette technologie permet aussi de repérer l’endroit exact de la récolte grâce à une micropuce installée automatiquement sur la corde d’assemblage de la balle. Photo : Gracieuseté de Jonathan Noiseux, AGCO Corporation

Ça permet de produire des balles d’un poids régulier. La caméra prend le tracteur en charge et fait varier sa vitesse en fonction de la quantité de foin dans l’andain. S’il y a plus de foin, le tracteur ralentit et inversement.

Rémi Bolduc

Ces nouvelles technologies en agriculture présentent l’avantage de réaliser les tâches plus rapidement, et avec plus de précision. « On a maintenant des machines plus technologiques, de plus grande envergure, ce qui fait qu’on peut récolter plus vite, observe Jean-Sébastien Pettigrew. C’est important parce qu’avec l’évolution des températures, les plages d’opérations sont souvent réduites. » 

La technologie amène également un travail plus précis. C’est le cas du système TIM (Tractor Implement Managment) exploité par Kubota. « L’outil prend le contrôle de la machine pour certaines fonctions », explique Jean-Sébastien Pettigrew. « Si on prend la presse de balles rondes, si le producteur veut des balles de 50 pouces de diamètre, il l’indique à l’ordinateur qui va réguler la vitesse du tracteur pour coordonner l’entrée de foin pour atteindre la dimension voulue. » Le même raisonnement vaut pour les semoirs, par exemple, dont la hauteur s’ajustera automatiquement en fonction des perturbations du terrain.  

La fenaison et la mise en andains représentent une autre étape importante pour la qualité des fourrages. Le foin doit sécher vite et bien. Photo : Gracieuseté de Jean-Sébastien Pettigrew, Kubota Canada
La fenaison et la mise en andains représentent une autre étape importante pour la qualité des fourrages. Le foin doit sécher vite et bien. Photo : Gracieuseté de Jean-Sébastien Pettigrew, Kubota Canada