L’entreposage adéquat constitue un élément clé d’une bonne conservation des fourrages. Il faut un endroit bien aéré et à l’abri de la vermine. Photo : Claude Fortin
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S'abonner maintenantDe la qualité de l’entreposage du foin sec dépendent les rendements à la ferme. Pour Aurélie De Rainville, enseignante à l’ITAQ et productrice de foin sec, l’entreposage est le prochain « nerf de la guerre » pour le producteur.
« On a beau faire le meilleur foin, la journée qu’on presse, on réussit à faire un foin qui est sur la coche, à 88 % de matière sèche, on a atteint notre objectif, on l’a en balles, puis on s’en va mettre ça sur des palettes dans un entrepôt avec des bâches dessus, la bâche prend dans le vent ou la vermine monte dedans, et puis c’est le chaos », illustre Aurélie De Rainville.
Un mauvais entreposage apporte effectivement son lot d’inconvénients. Un premier, et pas le moindre, est qu’il entraîne une perte de matière sèche, un mal malheureusement « invisible », indique la technologue, qui rappelle que la matière sèche, ce sont les nutriments que contient le foin.
Des fois, on croit que le foin est encore super correct, mais au fil du temps, on perd de la matière sèche, dit-elle. Il faut choisir l’endroit d’entreposage, faire le tour, s’assurer qu’il n’y a pas d’eau et pas de vermines. L’humidité, c’est notre ennemi. Il faut que ça ventile.
L’entreposage exige cependant des investissements conséquents. Tous les producteurs ne disposent pas des moyens pour se construire un entrepôt de 100 pi sur 200 pi. Dans ce cas, l’enrobage dans une membrane de plastique représente une solution de rechange acceptable, à la condition de bien faire les choses. « L’enrobage, c’est comme pour le cannage, explique Aurélie De Rainville. L’idée, c’est d’empêcher l’air d’entrer. Ça, c’est le rôle du plastique. » Mais le plastique, ce n’est pas une chape de plomb impénétrable. Il peut se percer pour une raison ou pour une autre. Le foin sec lui-même peut le perforer. Il ne faut donc pas hésiter à multiplier les tours de membrane pour éviter ce problème, qui n’en est qu’un premier. « Les oiseaux vont faire des portes d’entrée pour l’air, les rayons UV, la vermine, les chats, les enfants qui vont jouer dessus, et à chaque fois que je vais manipuler la balle avec mon tracteur, je vais créer des microfissures qui vont faire entrer l’air », explique madame De Rainville. Le producteur doit donc agir avec vigilance, faire la tournée de ses champs où se trouvent ses balles pour s’assurer de l’intégrité de leur enrobage. Il en va de la rentabilité de l’exploitation. « Ce n’est pas rare qu’en ouvrant un plastique pour distribuer le foin aux animaux, qu’on perde un ou deux tours de balles rondes, ou des galettes dans des balles carrées, parce que l’air est entré et que ça a pourri. Ça devient une perte nette », conclut Aurélie De Rainville.