Ce que nous voyons souvent après la rencontre avec les partenaires financiers est un soulagement empreint d’émotion. Photo : Budimir Jevtic/Shutterstock
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S'abonner maintenantSelon un sondage de l’Union des producteurs agricoles fait auprès de ses membres en avril 2024, 30 % des entreprises affirment être en mauvaise ou en très mauvaise situation financière. Cette problématique est donc en augmentation pour diverses raisons.
Signaux inquiétants
Une entreprise en difficulté financière est généralement une entité qui est dans l’incapacité de payer ses créanciers : institutions financières, location de machineries, fournisseurs d’intrants, assurances, gouvernements, etc. Généralement, les exploitants le reconnaissent lorsqu’ils vivent des ennuis financiers, mais ils ont de la difficulté à définir leur ampleur.
Les actions à réaliser
Le premier geste est d’informer rapidement les conseillers en financement afin de vérifier s’ils peuvent aider temporairement. Il est très important de conserver une ligne de communication avec ceux-ci. Ensuite, à l’aide d’un conseiller en gestion agricole, il s’agit de réaliser un diagnostic financier et technico-économique des résultats financiers, afin de préciser et de chiffrer les causes. Certains producteurs affirment que la principale raison est le manque de liquidité et que les prêteurs devraient avancer plus d’argent. En fait, le manque de liquidité n’est pas la cause, mais bien le résultat. Le diagnostic permet de définir les facteurs du manque de liquidité. Il est important de bien les connaître afin de déterminer les actions à poser pour retrouver la rentabilité.
Les solutions
À partir du diagnostic, le plan de relance est composé d’une série d’actions que l’exploitant souhaite mettre en œuvre pour retrouver la rentabilité. Les actions sont multiples. On peut y retrouver le changement dans le ou les systèmes de production (changement de culture, par exemple), la consultation d’un conseiller technique afin de réduire certains frais, comme le coût d’alimentation, ou d’améliorer les résultats techniques, ainsi que la vente d’actifs, comme un fonds de terre, pour réduire l’endettement. L’exploitant peut également trouver un emploi à l’extérieur de l’entreprise, temporairement, si cela est possible, afin de réduire la demande de liquidité pour le coût de la vie.
L’exploitant doit être ouvert à des changements dans son entreprise. On ne doit pas s’attendre à des résultats différents si l’exploitant produit de la même manière avec les mêmes ressources. De plus, il doit réaliser des actions, même si elles sont difficiles à choisir, comme la vente d’un fonds de terre. Les créanciers sont prêts à aider l’entreprise si l’exploitant réalise des gestes concrets et réalistes pour augmenter la rentabilité. Les créanciers sont patients dans l’action.
Nous retrouvons également des demandes de l’exploitant aux partenaires financiers pour l’aider à accomplir son plan de relance. Sans être une liste exhaustive, les plus fréquentes sont :
- l’instauration d’un moratoire de capital. C’est une mesure temporaire et elle permet de réduire les comptes à payer, mais bien souvent les remboursements d’intérêt de certains programmes sont sur pause;
- la prolongation de la durée des prêts pour réduire les paiements du service de la dette, mais cette action nuit à long terme lors d’investissements;
- une proposition aux fournisseurs d’une entente de paiement avec réduction des intérêts à payer;
- l’obtention de financement pour payer les fournisseurs ou réaliser des investissements. Cette action est peu fréquente dans le cas de difficulté majeure;
- la vente d’actifs, comme du quota ou un fonds de terre, afin d’ajuster l’endettement au niveau de sa capacité de remboursement. Cette action est fréquemment nécessaire, mais peu souhaitée par l’exploitant.
Et l’humain dans ce processus
Malheureusement, les problèmes financiers entraînent parfois des problèmes de santé comme la dépression. La pression de l’ensemble des créanciers provoque un stress et une démotivation, surtout si le manque de liquidité dure depuis quelques années. De l’aide psychologique existe dans chaque région. N’hésitez pas à la consulter. Ce que nous voyons souvent après la rencontre avec les partenaires financiers est un soulagement empreint d’émotion, car les exploitants nous disent : « La pression va cesser et je sais maintenant vers où je me dirige avec mon entreprise. »

En collaboration avec l’Ordre des agronomes du Québec :