Caroline Dion est actionnaire de la Ferme Érablienne avec son conjoint Stéphane Breton. Photos : Hélène Bouffard photographe
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S'abonner maintenantCe contenu a été publié par un partenaire de La Terre de chez nous dans le cadre du cahier Femmes de Terre, femmes de tête.
Caroline Dion admet avoir longtemps souffert du syndrome de l’imposteur. Elle ne se considérait pas comme une agricultrice, jugeant que ses tâches à la ferme étaient insuffisantes pour prétendre à ce titre. Pour l’actuelle 2e vice-présidente des Agricultrices du Québec et présidente des Agricultrices de la Chaudière-Appalaches Ouest, un concours est venu tout changer au tournant des années 2000.
Caroline a grandi dans une ferme porcine dans la région de Bellechasse. Elle n’envisageait pas pour autant de faire carrière en agriculture. Celle qui habite aujourd’hui dans le rang Saint-Henri à Saint-Bernard avoue d’ailleurs ne jamais avoir travaillé à la ferme familiale. Elle a plutôt choisi d’étudier en éducation spécialisée, pour ensuite occuper un emploi en garderie pendant quelques années. Mais le destin l’a amenée à rencontrer… un producteur agricole!
« Lorsque j’étais enceinte de mon deuxième, j’ai décidé d’arrêter de travailler dans le milieu de l’éducation pour me joindre à la ferme dont mon conjoint était propriétaire avec son frère, raconte Caroline. Auparavant, ici, l’exploitation était porcine et laitière. J’ai donc commencé à seconder mon conjoint dans le porcin et j’ai même fait un cours là-dedans. En 2011, nous avons finalement racheté mon beau-frère dans le laitier pour ne conserver que ce volet-là. »

De la prévention… au conseil d’administration
Une fois les porcs liquidés, Caroline devient actionnaire de la Ferme Érablienne avec son conjoint. Ensemble, ils produisent aussi du sirop d’érable et effectuent de la transformation. À cette époque, la Bernardine est déjà engagée dans les Agricultrices de la Beauce. Elle y est entrée il y a près de 30 ans à la suite d’un concours. Un tirage qu’elle avait remporté lui avait alors permis d’assister à l’assemblée générale annuelle et au gala de l’organisation.
« Après cet événement-là, je trouvais ça très intéressant, car les Agricultrices faisaient de la prévention dans les écoles, explique la productrice laitière. Au départ, je me suis impliquée dans cette activité et ensuite, compte tenu du temps que j’y consacrais, on m’a demandé si ça me tenterait de devenir administratrice. C’est à ce moment que j’ai intégré le conseil de l’entité qui prendrait plus tard le nom des Agricultrices de la Chaudière-Appalaches Ouest. »
Faire sortir les femmes de l’ombre
Depuis six ans maintenant, Caroline en assume la présidence. Si les premières années de son leadership ont été marquées par la pandémie – elle en garde un souvenir étrange –, le mandat qu’elle s’est donné a d’abord consisté à augmenter le membership de l’organisation. D’une quinzaine de membres, celle-ci est passée à près d’une cinquantaine aujourd’hui. De temps à autre, des activités visant à échanger et à mieux se connaître sont aussi proposées.
« J’ai réalisé que c’était assez difficile de faire sortir les femmes et de faire en sorte qu’elles s’impliquent; elles semblent rester un peu craintives… Nous voudrions qu’elles embarquent partout, mais pour différentes raisons, ça ne fonctionne pas toujours, conclut la présidente. Je vois toutefois qu’à la suite du gala, il y en a plusieurs qui travaillent dans l’ombre et qui, tout à coup, étant davantage mises en lumière, se sentent plus reconnues et appréciées! »
En octobre 2025, Caroline a été élue 2e vice-présidente des Agricultrices du Québec. Un nouvel engagement à la mesure de cette agricultrice à part entière.
Ce contenu a été publié par un partenaire de La Terre de chez nous dans le cadre du cahier Femmes de Terre, femmes de tête, publié le 3 décembre 2025.