Page conseils 27 février 2026

Les pesticides et les prescriptions agronomiques

Les pesticides peuvent diminuer les ravages des ennemis des cultures, mais ils peuvent avoir des effets sur la santé humaine et l’environnement. Le Code de gestion des pesticides prévoit, depuis 2018, le recours aux prescriptions agronomiques pour certaines molécules présentant des risques élevés pour l’humain et d’autres organismes vivants. Celles-ci s’appliquent notamment à l’atrazine (herbicide) et à certains néonicotinoïdes (insecticides). Les semences enrobées d’un insecticide pour certaines cultures, comme le maïs et le soya, seront aussi soumises à cette exigence du ministère de l’Environnement pour la saison de culture 2026.

Ravageurs des semis

Les semences enrobées d’insecticides doivent, comme pour tous les pesticides sous prescription agronomique, être utilisées en dernier recours, bien que le traitement soit uniquement utilisé à des fins préventives.

Dans cette situation, la démarche mise de l’avant par l’agronome visera à évaluer le risque qu’une culture soit affectée par un insecte ravageur, tout en s’assurant que l’insecte pourra être contrôlé adéquatement par le traitement appliqué sur la semence (ex : vers fil-de-fer, mouche du semis) et que l’étiquette du produit sera respectée.

Pour ce faire, plusieurs éléments peuvent entrer en ligne de compte dans la démarche agronomique : l’historique de pression au champ, les facteurs de risques liés aux pratiques culturales, l’utilisation de l’outil Vers fil-de-fer Québec (VFF QC), etc. De plus, l’agronome amorcera une collecte de données au champ afin de vérifier si l’utilisation d’un insecticide sur la semence est nécessaire. Bien entendu, l’échange d’informations entre l’agronome et son client demeure primordial, afin d’atteindre les objectifs de l’entreprise agricole. 

Toutefois, le seul argument d’une « police d’assurance » pour justifier l’utilisation de semences enrobées d’insecticides ne sera pas accepté.

Autres molécules ciblées par une prescription agronomique

L’atrazine et les néonicotinoïdes ont connu une baisse importante de leur utilisation au Québec au cours des dernières années. Toutefois, certaines situations peuvent justifier leur application au champ. Un agronome peut évaluer qu’une de ces molécules constitue la meilleure solution envisageable, voire la seule option efficace dans certains contextes, pour répondre à un problème. Une prescription agronomique pourra alors être émise. 

L’agronome et le producteur agricole : responsabilités partagées

Afin d’utiliser certaines semences enrobées d’insecticides, de l’atrazine ou des néonicotinoïdes, le producteur agricole doit préalablement obtenir une prescription signée par un agronome. Celle-ci lui permettra d’acheter le produit. Toutefois, pour utiliser et manipuler le produit, le producteur doit également détenir le permis requis. De plus, il doit avoir en sa possession la prescription au moment de l’utilisation du produit, soit lors du semis pour les semences enrobées ou lors de l’application du pesticide au champ pour les autres molécules ciblées.

En tant que membre d’un ordre professionnel, l’agronome a la responsabilité de respecter l’ensemble de la réglementation en vigueur, de colliger sa démarche au dossier du client et de respecter les règles de l’art reconnues.  



En collaboration avec l’Ordre des agronomes du Québec :