Grandes cultures 20 février 2026

Un premier bilan pour 2025-2026

À mi-chemin de 2025-2026, le temps est venu de faire le point sur le marché des grains.

Le rapport du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) de janvier, avec ses estimations finales des superficies et des rendements, est carrément baissier pour le maïs. Le rendement, qui était à un niveau record de 186 boisseaux par acre (bu/ac), s’accroît à 186,5 bu/ac. La superficie récoltée augmente de 1,3 million d’acres en raison de la baisse du maïs ensilé. Par conséquent, la production de maïs augmente de 269 millions de boisseaux (Mbu) pour atteindre un niveau record de 17 milliards de boisseaux (Gbu), soit une hausse de 14,3 % par rapport à 2024. Les stocks en 2026 augmentent de 198 Mbu pour s’établir à 2,23 Gbu, soit une hausse de 43,6 % par rapport à 2025.

Le programme d’exportation du maïs américain est très vigoureux : à la fin janvier, les ventes de l’année récolte en cours par rapport à la précédente étaient en avance de 34 %, et les exportations étaient en avance de 53 %. Quant au soya, c’est le portrait inverse : les ventes à l’exportation accusaient un retard de 22 %. Cela dit, le retard décroît de semaine en semaine depuis la reprise des ventes de soya à la Chine en novembre, mais il y a encore du chemin à faire pour rattraper le niveau habituel des ventes. Le secrétaire au Trésor américain a dit que la Chine devrait importer 25 millions de tonnes (Mt) de soya cette année, ce qui serait un retour à la normale. Depuis la reprise du négoce entre les deux pays, les achats chinois ont été principalement effectués par les firmes étatiques Sinograin et Cofco, et non pas par le secteur privé, ce qui inquiète la Bourse de Chicago. C’est que le soya américain demeure non compétitif pour les entreprises privées chinoises, avec un tarif d’importation de 13 % contre un tarif de 3 % sur le soya du Brésil.

Alors que le battage de la fève s’accélère, il ne fait aucun doute que le Brésil va avoir une production record de soya. La dernière estimation de l’USDA est de 178 Mt, soit une hausse de 6,5 Mt par rapport au niveau record de l’an passé. D’autres estimations sont encore plus élevées. Quant à la deuxième récolte de maïs safrinha, qui représente les trois quarts de la production, celle-ci commence à être semée après le battage de la fève. Les pluies en mars et en avril détermineront le rendement.

Pour ce qui est de l’Argentine, on ne peut encore se prononcer sur les récoltes du maïs et du soya, étant donné que leur saison est très étirée. Après un bon démarrage, le pays s’est récemment asséché et la condition des cultures s’est détériorée, mais le mois de janvier est habituellement sec. Les rendements seront déterminés par les précipitations en février et en mars.

Tous les pays exportateurs de blé ont eu de très bonnes, voire d’excellentes récoltes. Le Canada a eu une production record de 40 Mt. L’Argentine, considérée comme un exportateur mineur, a eu une récolte record de 28 Mt : les exportations de blé argentin, qui tournent habituellement autour de 10 Mt par année, devraient atteindre 16 Mt en 2025-2026. L’offre de blé étant surabondante sur le marché mondial, le blé fourrager va concurrencer le maïs pour l’alimentation animale en 2026.

Au Québec

Le Québec a eu des conditions climatiques difficiles en 2025, avec des semis très tardifs et un déficit hydrique de la mi-juillet à la fin août. Les céréales se sont tirées d’affaire, mais le rendement du maïs a été médiocre avec 8,9 tonnes par hectare, le plus bas niveau en 10 ans. La production, principalement destinée à un usage local, s’élève à 2,95 Mt, soit un recul de 18,3 % par rapport à 2024. Ce volume sera insuffisant pour satisfaire la demande locale pour l’alimentation animale, l’éthanol et la production d’alcool estimée à 3 Mt. La situation déficitaire explique le niveau très élevé des bases locales depuis le milieu de l’été. Le maïs rentre de l’Ontario et des États-Unis, mais il n’y a pas eu d’importation de maïs brésilien à date.

Le rendement du soya du Québec a été aussi médiocre. La fève est destinée en grande majorité à l’exportation – le soya GM a été expédié outre-mer dans les semaines suivant le battage. Le soya non GM, destiné à la consommation humaine, est principalement exporté en Asie. Il est expédié tout au long de l’année par conteneurs. Or, la qualité de la nouvelle récolte est inférieure à la normale en raison des conditions climatiques, avec une baisse marquée de la teneur en protéine.