Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock
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S'abonner maintenantJe ne dois pas être la seule à avoir vu les récents épisodes de La semaine verte, où l’on suivait le parcours de cinq jeunes relèves agricoles, apparentées ou non. Honnêtement, j’ai eu les larmes aux yeux et le cœur en miettes en visionnant ces épisodes. Ça m’a attristée de constater à quel point nous avons des jeunes travaillants, ambitieux et passionnés d’agriculture au Québec, mais sans aucune entreprise agricole qui les attend. De belles relèves non apparentées, dont le vœu le plus cher est de se réaliser dans ce beau domaine, mais qui voient souvent leurs espoirs s’amenuiser avec le temps. Comme l’a très bien nommé Megan, quand tu n’as « pas de ferme, pas de terrain et pas d’animaux », le chemin à parcourir peut sembler presque insurmontable.
Il faut voir les choses en face : l’accessibilité de la relève aux terres agricoles et acéricoles est extrêmement ardue. Que ce soit en raison des prix exorbitants du marché, irréalistes pour un jeune ayant peu ou pas de garanties pour sécuriser le financement; ou encore parce que les propriétés se vendent souvent « en dessous de la table », entre propriétaires ou à des acquéreurs étrangers (ce qui n’est pas illégal, mais vraiment pas idéal pour la relève qui recherche une terre ou une ferme à vendre). Parfois, ce sont les propriétaires qui ne souhaitent pas transférer l’entreprise à leur descendance, préférant la conserver ou en obtenir un prix de vente aligné sur la valeur marchande. Mon objectif n’est aucunement de porter un jugement sur les raisons et décisions de chacun, mais on ne peut nier que ces situations constituent des freins bien réels à l’établissement d’une relève agricole dans nos campagnes. Plusieurs autres aspects viennent aussi compliquer la vie des jeunes souhaitant s’établir en agriculture, que ce soient les politiques gouvernementales, les normes à respecter, les enjeux financiers, la difficulté d’obtenir un prêt agricole en l’absence de multiples garanties et liquidités, etc. Il faut avoir les reins solides pour se lancer dans cette aventure!
Comme travailleuse de rang, je constate souvent les impacts psychosociaux des difficultés rencontrées par la relève agricole. Qu’elle soit apparentée ou non, les défis sont souvent très similaires. Lorsque nous allons rencontrer les étudiants des programmes de formation en agriculture, j’observe qu’il y en a souvent plusieurs qui n’ont pas de ferme apparentée; mais ils ont une passion, un objectif et de l’ambition, ça oui! Chaque fois, je ne peux m’empêcher de me demander combien d’entre eux devront se réorienter vers un autre domaine, et ça me fend le cœur.
Pour revenir sur une note plus positive aux reportages de La semaine verte sur les jeunes relèves, j’ai été vraiment impressionnée et touchée par leur immense ténacité, leur persévérance et leur refus d’abandonner le rêve agricole tant convoité. Malgré les embûches et les remises en question, ces jeunes gens (et tous les autres qui ne feront pas l’objet d’un reportage) continuent de croire que leurs aspirations agricoles sont possibles, atteignables, réalisables et de travailler en ce sens. Ces jeunes ont toute mon admiration et mon soutien.
Cette chronique n’est pas dans mon style d’écriture habituel, avec plein de solutions et de stratégies concrètes. C’est simplement une réflexion profonde, un authentique cri du cœur lancé aux instances québécoises et à tous ceux et celles qui ont un pouvoir de changement dans cette problématique, afin de donner une chance à notre relève et d’éviter à tout prix que notre agriculture québécoise disparaisse à petit feu. Nous n’avons pas les moyens de nous passer de nos producteurs et productrices. C’était vrai hier, ça l’est aujourd’hui et ça le sera encore demain.
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