Depuis 1975, l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît officiellement la santé publique vétérinaire comme une composante essentielle de la protection des populations. Photo : Mar ilynn Guay Racicot / Archives TCN
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S'abonner maintenantQuand on travaille avec les animaux, on œuvre aussi à la santé humaine. Cette vérité est évidente pour les éleveurs et les médecins vétérinaires. Depuis 1975, l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît officiellement la santé publique vétérinaire comme une composante essentielle de la protection des populations.
L’histoire montre que les solutions les plus efficaces pour protéger la santé humaine ont fréquemment pris racine dans le monde agricole. Au début du 20e siècle, la mortalité infantile à Montréal frôlait les 25 % chez les enfants de moins de cinq ans. L’amélioration de la salubrité des aliments — fruit de la collaboration de tous les acteurs œuvrant de la ferme à la table — a permis de réduire ces chiffres de façon spectaculaire.
La tuberculose bovine représente un autre exemple frappant : elle était responsable d’environ 10 % des cas humains, touchant directement les éleveurs et leur famille. La surveillance, le dépistage et la collaboration étroite entre éleveurs et vétérinaires ont contribué à éliminer cette menace au Québec.
Ces succès démontrent une chose : la santé des animaux et celle des humains sont indissociables. Et dans nos élevages, cette réalité se vit chaque jour. Par exemple, les changements climatiques modifient déjà les risques sanitaires auxquels les élevages sont exposés.
Une seule santé
Aujourd’hui, cette façon de voir la santé publique s’appelle l’approche « Une seule santé ». Elle intègre la santé humaine, animale et celle des écosystèmes. Cette vision guide les travaux du Groupe de recherche en épidémiologie des zoonoses et santé publique (GREZOSP), qui célèbre cette année ses 25 ans. Né d’un partenariat entre la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, l’Agence de la santé publique du Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et le provincial, le GREZOSP utilise les données issues du travail collaboratif entre les agriculteurs, les médecins vétérinaires et les acheteurs de produits agroalimentaires.
Concrètement, les travaux des chercheurs du GREZOSP :
- soutiennent la lutte contre les maladies à fort impact sur les élevages, comme la grippe aviaire hautement pathogène;
- contribuent à maintenir la salubrité des produits laitiers et carnés;
- développent des outils permettant de prévoir les risques liés aux changements climatiques;
- travaillent avec les milieux agricoles pour prévenir la résistance aux antimicrobiens.
En soulignant ces 25 ans d’innovation scientifique, le GREZOSP tient à souligner le rôle des éleveurs et des vétérinaires, qui est souvent méconnu. La société en entier bénéficie de leurs efforts, mais les défis évoluent rapidement. Il faudra miser encore davantage sur l’analyse de données, afin de mieux prévoir et estimer les risques auxquels le monde sera confronté, notamment ceux amplifiés par les changements climatiques.
Une seule santé, c’est donc avant tout une histoire de partenariat!

En collaboration avec la Faculté de médecine vétérinaire :