Page conseils 16 janvier 2026

Quand l’agronomie devient une aventure humaine et scientifique

Le 11 novembre dernier, j’ai eu l’immense honneur de recevoir le prix Jeune agronome, décerné par l’Ordre des agronomes du Québec. Ce prix est bien plus qu’une reconnaissance : il raconte mon parcours, celui qui m’a menée à travailler en Abitibi-Témiscamingue. À travers ces lignes, j’espère vous donner envie de découvrir la profession d’agronome en région.

Retour en arrière : 1er janvier 2021. Mon conjoint et moi avons posé nos valises au Témiscamingue, en pleine pandémie. Je venais tout juste d’amorcer un contrat à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) pour étudier le potentiel de développement des grandes cultures biologiques en région.

Stéphanie Lavergne
Stéphanie Lavergne

Ce qui nous a frappés dès le départ, c’est l’accueil chaleureux de Carole Lafrenière, agronome et professeure retraitée, qui nous avait préparé une lasagne bien chaude. Après huit heures de route, ce geste simple témoignait de l’hospitalité des gens d’ici. À l’époque, j’étais encore doctorante et issue d’une famille non agricole. Autant dire que j’étais fébrile. Je ne voulais surtout pas être « la fille du sud » qui débarque pour dire aux producteurs comment faire les choses, ou pire, la « chercheuse » qui ne comprend pas la réalité du terrain. Mais très vite, les producteurs et les conseillers de la région ont répondu présents pour nous aider, avec Carole, ma collègue Catherine Therrien, agronome, et moi, à brosser un portrait fidèle des réalités locales.

Après près de deux ans de travail, nous avons mis en place un réseau d’innovation en grandes cultures biologiques. Ce projet, soutenu par le milieu, notamment l’Entente sectorielle bioalimentaire de l’Abitibi-­Témiscamingue et les MRC de la région, repose sur un modèle hybride entre laboratoire vivant et cohortes. L’objectif? Co-construire la recherche avec les producteurs afin de développer des solutions adaptées aux défis régionaux. 

Janvier 2026 : le réseau en est à sa troisième année. J’ai terminé mon doctorat (enfin!) et je suis maintenant professeure adjointe à l’Institut de recherche en agriculture et agroalimentaire, nouvellement créé à l’UQAT. Avec mes collègues, j’ai la chance de travailler à bâtir une agriculture plus durable, qui favorise la vitalité des régions. Le tout à quelques minutes des 7 500 plans d’eau de la région.

Pratiquer en région, c’est bien plus qu’un choix professionnel : c’est une aventure humaine. C’est l’occasion de découvrir des communautés solidaires, des paysages magnifiques et des défis stimulants qui donnent un sens concret à notre profession. Les régions ont besoin de talents, d’idées et d’énergie pour bâtir l’agriculture de demain. Alors, si vous cherchez un endroit où votre expertise peut vraiment faire une différence… pourquoi ne pas franchir le pas?  



En collaboration avec l’Ordre des agronomes du Québec :