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S'abonner maintenantEn décembre dernier, Hydro-Québec a dévoilé une cartographie des capacités de son réseau électrique. Quand on fait l’analyse croisée des données de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) et de la carte d’Hydro-Québec, il est évident qu’il y a superposition entre les zones de fort potentiel éolien et les terres agricoles les plus productives du Québec.
Le développement éolien affecte le territoire agricole de plusieurs façons.
Perte de superficie nette : en plus de l’emprise au sol direct de l’éolienne, l’aménagement de chemins d’accès permanents et du réseau de raccordement fragmente les parcelles et réduit la surface cultivable.
Concurrences d’usage : le potentiel d’une zone agricole réside dans la production alimentaire. En y permettant la production d’énergie, on la transforme graduellement en zone industrielle.
Pression sur des sols rares : moins de 2 % du territoire québécois est considéré comme du territoire agricole de haute qualité. Or, les nouveaux projets éoliens ciblent ces zones habitées et cultivées en raison de leur accessibilité au réseau.
Force est de constater que pour l’instant, les zones ciblées par Hydro-Québec pour le développement éolien le sont seulement en fonction de l’aspect technique d’intégration au réseau. En agissant ainsi, on oublie une question fondamentale : peut-on fragiliser notre souveraineté alimentaire pour produire de l’énergie?
Le territoire agricole n’est pas un espace vide en attente d’affectation. C’est un outil de production fragile, habité et qui a déjà sa vocation : nous nourrir!
La CPTAQ est pourtant claire; la zone agricole est « une ressource collective rare et non renouvelable. Outre leur rareté, ces sols sont localisés dans la partie méridionale du Québec. Cette partie du Québec jouit du climat le plus favorable pour la pratique et le développement des activités agricoles. »
Les orientations gouvernementales en aménagement du territoire sont aussi très claires : « Planifier l’aménagement et le développement du territoire de manière à assurer sa protection, la mise en valeur de son plein potentiel et à créer un cadre propice à la pratique des activités agricoles. »
La transition énergétique est nécessaire, mais elle ne doit pas se faire au détriment de notre zone agricole. Pour protéger notre capacité à nourrir la population de demain, il est urgent de repenser notre développement énergétique.
François Lantagne, baccalauréat en génie agroenvironnemental; producteur laitier, de grandes cultures et acéricole; conseiller municipal de Saint-Gervais